Archives de l’auteur : Laurent Dingli

“Un témoignage inédit sur la persécution des juifs d’Europe”, Vingtième siècle, n° 138, avril-juin 2018, p. 157-173

Bonjour à tous et à toutes,

J’ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon dernier article “Un témoignage inédit sur la persécution des juifs d’Europe” dans le numéro 138 d’avril-juin de la revue Vingtième siècle. Il s’agit de l’analyse d’un témoignage sur la déportation des juifs dans le camp de Nisko en Pologne organisée par Adolf Eichmann à l’automne 1939.

Je profite de l’occasion pour remercier une nouvelle fois Christopher R. Browning pour ses précieux commentaires, ainsi que Diane Afoumado, Daniel Catan, Gilles Morin et Annette Wieviorka pour leurs conseils

Disponible en librairie à partir du 19 avril 2018

Laurent Dingli, Entreprises dans la tourmente – Renault, Peugeot (1936-1940), PUFR, 2018

Présentation de l’éditeur : Mai 1936 – Juin 1940 : rarement l’industrie française aura traversé une période aussi tumultueuse qu’au cours des années qui séparent la victoire du Front populaire de ” l’étrange défaite “. Pendant ces quatre années, les entreprises vécurent au rythme haletant des conflits politiques et sociaux, de la modernisation des usines, des grèves et des impératifs de la défense nationale. A travers le cas de deux grandes sociétés automobiles – Renault et Peugeot –, cet ouvrage d’histoire sociale et industrielle évoque la manière dont les entreprises françaises ont tenté de s’adapter aux réformes de 1936 tout en forgeant l’outil industriel capable de riposter à une agression nazie.
En abordant l’évolution de la condition ouvrière, les grands mouvements sociaux, le défi des quarante heures, la production d’armement et l’organisation de l’industrie de guerre, Laurent Dingli retrace l’histoire des deux entreprises de l’avènement du Front populaire à la défaite militaire de juin 1940.

Laurent Dingli, Entreprises dans la tourmente – Renault, Peugeot (1936-1940), Presses universitaires François Rabelais, Tours, 2018

Erratum : p. 318, lire “des milliers d’ouvriers” et non pas des “dizaines de milliers d’ouvriers”. Laurent Dingli, 25 mars 2018. Dernière mise à jour : 25 mars 2018.

Nota Bene : Les commentaires hors sujet ne seront pas publiés ici

Le silence des oiseaux – Un périlleux voyage

Le silence des oiseaux, excellent documentaire de Su Rynard qui explique pourquoi environ 40% des passereaux (mésanges, alouettes, moineaux) ont disparu depuis les années soixante

Présentation :

“Imaginez un monde privé de chants d’oiseaux… La population de passereaux décline de manière alarmante. Avec des scientifiques, des écologistes et des amateurs, ce documentaire en deux parties décrypte ce phénomène.

La disparition des passereaux pourrait, à terme, avoir de graves conséquences pour l’écosystème. Cette première partie va à la rencontre de scientifiques, écologistes et amateurs mobilisés dans le monde entier pour comprendre le déclin de ces populations migratrices, dont le parcours est semé d’embûches. Le film explore la vie de ces oiseaux et les principaux dangers auxquels ils sont confrontés. Prédateurs en tous genres et environnements urbains hostiles sont un fléau pour ces populations migratrices. Les scientifiques développent de nouvelles technologies dans l’espoir de sauver les passereaux de ce terrible déclin. Est-il encore temps d’intervenir avant que le chant des passereaux ne soit plus qu’un souvenir ?”

A revoir aussi sur le site d’Arte en HD.

Martin Gray, La vie renaîtra de la nuit

Je voulais faire partager ce passage extrait de La vie renaîtra de la nuit que Martin Gray, rescapé de la Shoah, a écrit après la disparition tragique de toute sa famille, lors de l’incendie de sa maison, survenu dans le sud de la France :

“Une nouvelle fois, je découvrais la tendresse, la sensibilité profonde des animaux, que trop d’hommes croient avec orgueil sans sentiments. Comment oublierai-je le chat du bord du fleuve, à Varsovie, qui, alors que tant d’hommes n’étaient que bêtes sauvages, était pour moi, enfant pourchassé, la douceur et l’affection !
“Ici, aux Barons, j’avais vu nos chiens puissants se laisser chevaucher par mes enfants, jouer avec eux, en mesurant tous leurs mouvements de manière à ne pas leur faire mal, pleins d’une attention humaine pour le dernier-né. Et sans doute mon chien, au lieu de s’enfuir quand les flammes avaient atteint la voiture, avait-il voulu rester près des miens, jusqu’au bout, périr avec eux.
“Et maintenant Lady, qui souffrait avec moi, qui refusait la nourriture, comme si elle avait voulu se laisser mourir, et il fallait que, morceau après morceau, en lui parlant, en lui présentant longuement la viande, je la force à manger. Il fallait, pour qu’elle accepte, que je lui parle, que je la raisonne. “Tu vois Lady, nous sommes tous les deux. Tu ne veux pas m’abandonner ? Tu ne veux pas me laisser seul ? Tu me restes toi ! Mais il faut que tu manges.”
“Lady me regardait avec ses yeux graves et doux. Elle avalait avec difficulté. Elle se forçait, je le sentais, pour me satisfaire, mais en elle, quelque chose résistait. Elle n’avait plus le désir de vivre. Et pour moi qui devait me décider à chaque seconde à continuer d’exister, la présence de Lady, son désespoir qu’elle ne pouvait exprimer par des mots mais qui était visible dans chacune de ses attitudes étaient une remise en cause de chaque instant. J’avais envie de m’étendre près d’elle et nous serions restés côte à côte, jusqu’à ce que le sommeil nous prenne et nous emporte vers ceux que nous aimions”.

Martin Gray, La vie renaîtra de la nuit, Paris, Le Livre de Poche, 1996.

Mon beau renard

Copyright Florence Lanaud – Tous droits réservés – All rights reserved

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Je me souviendrai du jour où je t’ai vu trotter sur la lande. Toi mon bandit de grands chemins, mon paria famélique, mon solitaire. Je t’ai surpris dans cette quête sans fin, au hasard d’un sentier, essayer d’échapper aux fusils des chasseurs.

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Quand j’ai vu ce qu’ils t’avaient fait. Quand je les ai vus t’enfermer dans une cage jusqu’à te rendre fou de douleur, puis t’électrocuter par l’anus pour te voler ta belle fourrure. Quand je les ai vus te déchirer le corps avec leur piège de fer, te brûler les entrailles avec leur poison, te déterrer pour te faire déchiqueter par leurs chiens. Quand je les ai vus rire de ta souffrance et de ta mort puis s’en glorifier devant ta pauvre dépouille, j’ai compris que c’étaient les mêmes qui avait inventé Auschwitz et Hiroshima, le génocide des Arméniens et celui du Rwanda.

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Je t’ai vu, tout petit encore, pendant tes si rares moments d’insouciance, jouer dans mon jardin en courant derrière un papillon. Une autre fois, je t’ai surpris, sur un sentier du Finistère. J’étais contre le vent, avec mon labrador Master, et nous nous sommes arrêtés tous deux. Moi, pour t’admirer, et Master, pour renifler les odeurs poivrées et musquées de la lande. Comme tu avais l’air heureux et libre alors. Tu t’étirais de plaisir, au soleil, sur l’un des chemins creux qui mènent à la plage de l’Aber. Je ne sais pas combien de temps a duré cette ivresse. Et puis tu nous as vus et tu es parti avec ta légèreté coutumière comme un songe empanaché. Il m’a fallu un effort pour me remettre de cet état, mélange d’extase, de curiosité et de torpeur.

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Je n’oublierai jamais le jour où je t’ai vu agoniser sur une route de la région parisienne, la nuit, non loin du parc de Saint-Cloud. Tu venais de te faire renverser, et le conducteur,
à la fois pressé et tranquille, comme tous les tueurs involontaires, avait déjà passé son chemin. Nous nous sommes arrêtés, ma femme et moi, et nous avons croisé, impuissants, ton dernier regard qu’éclairait la lumière diaphane des réverbères.
Comme ce regard, bientôt voilé par la mort, était poignant tant il recelait d’incompréhension, de souffrance et de tristesse. J’aurais voulu te parler, te caresser, te dire que je n’étais pas comme eux, que je savais que tu existais et que je ne me voyais pas comme l’unique habitant de ce monde.

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Je te rends grâce, toi l’ange rebelle, tu m’as sorti un peu de la médiocrité de mon espèce en m’indiquant la voie de la paix, du respect et de la tendresse.

Copyright Florence Lanaud – Tous droits réservés – All rights reserved

Je remercie tout particulièrement mon amie Florence Lanaud, magnifique artiste qui a eu la grande gentillesse de faire ces dessins pour illustrer mon texte. J’invite tout le monde à respecter la propriété intellectuelle de ces oeuvres originales.

Laurent Dingli 27 juin 2017

Illustration : extrait de l’affiche du merveilleux film de Luc Jacquet, Le renard et l’enfant.

Le renard : un massacre perpétuel

Voici les méthodes atroces utilisées chaque année pour “réguler” le renard, une espèce qui s’auto-régule naturellement et qui est bien plus utile à la nature que les assassins qui la traque.

Mobilisons-nous, partageons cette vidéo ! Mettons fin à cet acte de barbarie.

Signons également la pétition :

Le collectif Bernard Le Renard lutte pour retirer le renard des listes des animaux nuisibles (injustement répertorié) en France afin de le protéger des pratiques barbares et de masse qui sont employées pour sa destruction. Sa page Facebook et son compte twitter.

Vous pouvez aussi soutenir les associations qui luttent plus particulièrement pour la protection de la faune sauvage telles que l’ASPAS (Association de protection de la faune sauvage) ou FERUS (Ours-loup-lynx Conservation).

Presse : Voir Le renard est-il vraiment un animal nuisible ?, l’interview de François Moutou, parue dans La Croix à l’occasion du colloque national sur le renard des 12 et 13 mai 2017, et Le renard n’est pas un animal nuisible, arrêtez de le massacrer, la tribune d’Ariane Ambrosini, juriste auprès de l’ASPAS, sur le site de reporterre.

La belle Zorah : ni pute ni soumise !

Zorah – plage de l’Aber © Laurent Dingli – Tous droits réservés

Douce, intelligente, élégante et gracieuse sont les quelques qualificatifs qui me viennent à l’esprit pour décrire notre chienne Zorah. Voici un petit résumé de son histoire et de sa personnalité si tant est que nos sens humains, toujours limités, aient pu les percevoir.

Zorah est née au Maroc, dans la ville de Fez. Elle est ce qu’on appelle au Maghreb une “beldi”, un chienne “du pays” (balad en arabe), c’est-à-dire locale, indigène, une “corniaud” ou une “bâtarde” comme on disait sous nos latitudes un peu bêtement des chiens qui ne sont pas racés. Son intelligence, Zorah l’a forgée grâce, ou plutôt, à cause de la dureté de la vie dans la rue,  au Maroc où, comme dans tout le Maghreb, et dans bien d’autres régions du monde, les chats et les chiens errants sont régulièrement massacrés de manière épouvantable après avoir souvent vécu une vie de souffrances et de misère [Sur les opérations d’abattage de chiens au Maroc voir notamment la page d’observer.france24]

Zorah © Laurent Dingli – Tous droits réservés

C’est en 2008, alors que nous visitions notre ami André à Fez que nous l’avons vue sortir de l’arrière d’une voiture où elle s’était sans doute dissimulée pour jouir d’un peu d’ombre tout en évitant les mauvais traitements des humains ou les conflits avec d’autres animaux. Elle était dans un état pitoyable, maigre, couverte de crasse et de parasites. A-t-elle senti que nous pouvions être bienveillants à son égard ? Sans doute car elle s’est immédiatement plantée devant nous avec son regard d’enjôleuse à nul  autre pareil ! Il faut voir en effet le regard, les oeillades et les mines de la belle et mutine Zorah pour savoir ce qu’est une vraie charmeuse.

Et elle a su faire notre conquête. Ma femme et moi avons échangé deux mots et décidé de l’adopter. Et nous avons bien fait car, quelques jours ou quelques semaines plus tard, tous les chiens errants de la ville ont été massacrés. Combien d’individus doux et intelligents comme elle ont été tués parce que les hommes par cruauté ou indifférence, au Maroc ou ailleurs, pensent qu’il est bien plus simple d’empoisonner, de fusiller ou de battre à mort un être sensible plutôt que d’apprendre à endiguer certaines maladies comme la rage ou à gérer certaines réalités très relatives comme la “surpopulation”. La France où l’on martyrise les renards, gaze des cochons, torture les taureaux et broie ou asphyxie des poussins vivants, n’a malheureusement pas de leçons à donner aux autres pays dans ce domaine, sans parler de la situation catastrophique des Antilles ou de La Réunion [Voir l’article de France-Soir sur la Réunion ; Le chien dans la société martiniquaise, un mémoire de Claude Vilo, et la page de guadeloupe.franceantilles.fr].

Nous avons demandé à notre ami André s’il pouvait garder Zorah le temps de faire les papiers nécessaires (vaccins etc.). Sans la gentillesse d’André, qui l’a gardée près de lui pendant plus de deux ans – les démarches furent interminables -, nous n’aurions jamais pu partager avec Zorah notre vie en Bretagne. Zorah a aussi profité de l’affection et de la gentillesse de ses gardiens marocains à qui je veux rendre ici un hommage appuyé, notamment à Abderazak (c’est-à-dire “le serviteur du Donneur de substance, du grand pourvoyeur de toutes choses”, l’un des qualificatifs de dieu dans la religion musulmane). Malheureusement, lorsqu’Abdou est parti pendant un moment rejoindre sa famille dans le sud marocain, Zorah a été confiée à une cantine où on l’a bien nourrie mais aussi enfermée dans le noir. Pendant des années, elle a refusé de s’approcher de notre cave et ce n’est que bien plus tard que j’ai su ce qu’elle avait vécu et que j’ai compris sa réaction.

André et Zorah à Crozon © Laurent Dingli – Tous droits réservés

Et voici notre charmeuse enfin avec nous ! La belle marocaine est devenue une séduisante bretonne qui cumule les attraits des deux cultures ! (Je ne fais pas d’anthropomorphisme, je plaisante seulement). Lorsque nous ne sommes pas en Presqu’île, c’est notre amie Jeannine qui profite de la présence de Zorah (Zozo pour les intimes).

Ni pute ni soumise, Zozo est tendre mais ne s’en laisse pas conter et, comme beaucoup d’animaux qui ont été maltraités, elle ne supporte pas qu’on lève la main en sa présence, et encore moins si cette main est munie d’un bâton.  Comme tous les autres êtres sensibles, Zorah est un individu qui doit être aimé et respecté. C’est son cas désormais. Elle a de la chance. En l’espace de quelques années, elle s’est attiré bien des sympathies et s’est construit une petite célébrité à Crozon où l’on reconnaît de loin les balancements gracieux de sa belle queue en panache.

La belle Zorah jouant sur la plage de l’Aber © Laurent Dingli

Zorah, dont les petits ont malheureusement achevé leur vie tragiquement au Maroc, a pu retrouver un peu de son instinct maternel tout en exprimant une chaleureuse autorité avec la petite Inti, la nouvelle “fille” de notre amie Josiane et “filleule” de ma femme. Eh oui, on ne plaisante pas avec les liens de parenté !

Zorah procédant à l’éducation d’Inti, un mélange de jeu et d’autorité propre aux chiens et à certaines autres espèces de mammifères © Laurent Dingli – Tous droits réservés

Zorah – plage de l’Aber © Laurent Dingli – Tous droits réservés

Depuis lors, Inti, véritable privilégiée, a le droit de tout faire ou presque : monter en voiture avec elle pour effectuer de belles ballades sur la lande bretonne, bref investir l’espace de Zozo sans que cette dernière, qui monte d’ordinaire la garde de manière très sourcilleuse, n’aboie ou ne retrousse un seul instant ses babines. Et puis la Bretagne, c’est chouette, on peut jouer dans de grands espaces et se baigner avec sa copine !

Il existe beaucoup d’associations ou de simples particuliers qui tentent de venir en aide aux chats et chiens errants du Maghreb. C’est le cas notamment, en Tunisie, de Sabrina Hajji dont vous pouvez découvrir le travail quotidien épuisant sur sa page Facebook (cliquer sur son nom). Je suis également Kaouther Ben Janet, qui fait un travail magnifique, toujours en Tunisie. Ce ne sont là que deux exemples. Sur les réseaux sociaux, il faut faire cependant attention aux fausses cagnottes organisées par de vrais escrocs qui profitent de la détresse animale et de la sensibilité des donateurs pour gagner de l’argent facilement. N’hésitez pas à vérifier et à demander des garanties. Sabrina elle-même a été récemment victime d’un tel malfaisant. Enfin, lorsque vous voyagez, n’hésitez pas à évoquer la condition animale et votre réprobation des massacres. En revanche, je suis opposé au boycott qui constitue selon moi une arme contreproductive, arme, qu’en toute logique, nous devrions nous appliquer à nous-mêmes !

D’autres photos seront bientôt ajoutées.

Les renards : un massacre légalisé ?

Le renard est encore considéré comme un animal nuisible en France alors que celui-ci est primordial à l’écosystème et que sa chasse s’avère néfaste pour l’environnement.

Le collectif Bernard Le Renard lutte pour retirer le renard des listes des animaux nuisibles (injustement répertorié) en France afin de le protéger des pratiques barbares et de masse qui sont employées pour sa destruction. Sa page Facebook et son compte twitter.