Archives de catégorie : Condition animale

Martin Gray, La vie renaîtra de la nuit

Je voulais faire partager ce passage extrait de La vie renaîtra de la nuit que Martin Gray, rescapé de la Shoah, a écrit après la disparition tragique de toute sa famille, lors de l’incendie de sa maison, survenu dans le sud de la France :

“Une nouvelle fois, je découvrais la tendresse, la sensibilité profonde des animaux, que trop d’hommes croient avec orgueil sans sentiments. Comment oublierai-je le chat du bord du fleuve, à Varsovie, qui, alors que tant d’hommes n’étaient que bêtes sauvages, était pour moi, enfant pourchassé, la douceur et l’affection !
“Ici, aux Barons, j’avais vu nos chiens puissants se laisser chevaucher par mes enfants, jouer avec eux, en mesurant tous leurs mouvements de manière à ne pas leur faire mal, pleins d’une attention humaine pour le dernier-né. Et sans doute mon chien, au lieu de s’enfuir quand les flammes avaient atteint la voiture, avait-il voulu rester près des miens, jusqu’au bout, périr avec eux.
“Et maintenant Lady, qui souffrait avec moi, qui refusait la nourriture, comme si elle avait voulu se laisser mourir, et il fallait que, morceau après morceau, en lui parlant, en lui présentant longuement la viande, je la force à manger. Il fallait, pour qu’elle accepte, que je lui parle, que je la raisonne. “Tu vois Lady, nous sommes tous les deux. Tu ne veux pas m’abandonner ? Tu ne veux pas me laisser seul ? Tu me restes toi ! Mais il faut que tu manges.”
“Lady me regardait avec ses yeux graves et doux. Elle avalait avec difficulté. Elle se forçait, je le sentais, pour me satisfaire, mais en elle, quelque chose résistait. Elle n’avait plus le désir de vivre. Et pour moi qui devait me décider à chaque seconde à continuer d’exister, la présence de Lady, son désespoir qu’elle ne pouvait exprimer par des mots mais qui était visible dans chacune de ses attitudes étaient une remise en cause de chaque instant. J’avais envie de m’étendre près d’elle et nous serions restés côte à côte, jusqu’à ce que le sommeil nous prenne et nous emporte vers ceux que nous aimions”.

Martin Gray, La vie renaîtra de la nuit, Paris, Le Livre de Poche, 1996.

Mon beau renard

Renard roux © Crédit inconnu

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Je me souviendrai du jour où je t’ai vu trotter sur la lande. Toi mon bandit de grands chemins, mon paria famélique, mon solitaire. Je t’ai surpris dans cette quête sans fin, au hasard d’un sentier, essayer d’échapper aux fusils des chasseurs.

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Quand j’ai vu ce qu’ils t’avaient fait. Quand je les ai vus t’enfermer dans une cage jusqu’à te rendre fou de douleur, puis t’électrocuter par l’anus pour te voler ta belle fourrure. Quand je les ai vus te déchirer le corps avec leur piège de fer, te brûler les entrailles avec leur poison, te déterrer pour te faire déchiqueter par leurs chiens. Quand je les ai vus rire de ta souffrance et de ta mort puis s’en glorifier devant ta pauvre dépouille, j’ai compris que c’étaient les mêmes qui avait inventé Auschwitz et Hiroshima, le génocide des Arméniens et celui du Rwanda.

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Je t’ai vu, tout petit encore, pendant tes si rares moments d’insouciance, jouer dans mon jardin en courant derrière un papillon. Une autre fois, je t’ai surpris, sur un sentier du Finistère. J’étais contre le vent, avec mon labrador Master, et nous nous sommes arrêtés tous deux. Moi, pour t’admirer, et Master, pour renifler les odeurs poivrées et musquées de la lande. Comme tu avais l’air heureux et libre alors. Tu t’étirais de plaisir, au soleil, sur l’un des chemins creux qui mènent à la plage de l’Aber. Je ne sais pas combien de temps a duré cette ivresse. Et puis tu nous as vus et tu es parti avec ta légèreté coutumière comme un songe empanaché. Il m’a fallu un effort pour me remettre de cet état, mélange d’extase, de curiosité et de torpeur.

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Je n’oublierai jamais le jour où je t’ai vu agoniser sur une route de la région parisienne, la nuit, non loin du parc de Saint-Cloud. Tu venais de te faire renverser, et le conducteur,
à la fois pressé et tranquille, comme tous les tueurs involontaires, avait déjà passé son chemin. Nous nous sommes arrêtés, ma femme et moi, et nous avons croisé, impuissants, ton dernier regard qu’éclairait la lumière diaphane des réverbères.
Comme ce regard, bientôt voilé par la mort, était poignant tant il recelait d’incompréhension, de souffrance et de tristesse. J’aurais voulu te parler, te caresser, te dire que je n’étais pas comme eux, que je savais que tu existais et que je ne me voyais pas comme l’unique habitant de ce monde.

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Je te rends grâce, toi l’ange rebelle, tu m’as sorti un peu de la médiocrité de mon espèce en m’indiquant la voie de la paix, du respect et de la tendresse.

Laurent Dingli 27 juin 2017

Illustration : extrait de l’affiche du merveilleux film de Luc Jacquet, Le renard et l’enfant.

Le renard : un massacre perpétuel

Voici les méthodes atroces utilisées chaque année pour “réguler” le renard, une espèce qui s’auto-régule naturellement et qui est bien plus utile à la nature que les assassins qui la traque.

Mobilisons-nous, partageons cette vidéo ! Mettons fin à cet acte de barbarie.

Signons également la pétition :

Le collectif Bernard Le Renard lutte pour retirer le renard des listes des animaux nuisibles (injustement répertorié) en France afin de le protéger des pratiques barbares et de masse qui sont employées pour sa destruction. Sa page Facebook et son compte twitter.

Vous pouvez aussi soutenir les associations qui luttent plus particulièrement pour la protection de la faune sauvage telles que l’ASPAS (Association de protection de la faune sauvage) ou FERUS (Ours-loup-lynx Conservation).

Presse : Voir Le renard est-il vraiment un animal nuisible ?, l’interview de François Mautou, parue dans La Croix à l’occasion du colloque national sur le renard des 12 et 13 mai 2017, et Le renard n’est pas un animal nuisible, arrêtez de le massacrer, la tribune d’Ariane Ambrosini, juriste auprès de l’ASPAS, sur le site de reporterre.

Appel de la chanteuse Kreezy R en faveur de la protection animale

Chevelu, le chat torturé pendant des heures à Draguignan

Je relais et soutiens sans réserve l’appel lancé par la chanteuse Kreezy R, suite à la mort de Chevelu, adorable petit chat de Draguignan torturé pendant quatre heures avec des tessons de bouteille et dont les yeux ont été exorbités alors qu’il était encore sans doute vivant par une bande de jeune de la ville. Ce qui m’a fait le plus mal dans ce drame, mis à part le calvaire de cet être sensible, c’est que Chevelu était un chat gentil et confiant qui est peut-être venu de lui-même vers ses bourreaux. Alors qu’un nouveau parti dont je suis adhérent, le Parti animaliste, fait son apparition dans le paysage politique, alors que l’association L214, à laquelle j’appartiens, vient de diffuser des images insoutenable sur la manière dont les cochons sont gazés comme l’étaient les êtres humains à Auschwitz, faisons du martyre de Chevelu une cause nationale.

Signez la pétition sur Change.org pour que justice soit rendue

La page Facebook du Rassemblement pour Chevelu le chat torturé à mort.

La page de Var-Matin sur le sujet.

Canada Goose, la fourrure et la souffrance animale

800px-urban_coyote_bernal_heightsVoici une sélection d’articles pour comprendre l’activité de la marque de vêtement à la mode Canada Goose et ses répercussions sur la vie et la souffrance animales. Les cols sont faits en fourrure de coyote, des animaux sauvages sensibles opportunément considérés comme des êtres “nuisibles”, ce qui permet de justifier leur élimination et leur utilisation massive par l’industrie de la fourrure. Ces animaux sont piégés puis abattus d’une balle dans la tête. Mais avant le coup fatal, leur calvaire peut s’éterniser et, dans la seconde vidéo publiée ci-dessous, on les voit se débattre, la patte prise au piège, souvent mutilée, avec un stress et une douleur indicibles. Leur cris de détresse sont absolument insupportables. Certains vont jusqu’à se ronger un membre afin de se libérer. Le film Crying shame, pris par un trappeur professionnel, montre toute l’horreur de cette pratique séculaire. La prédation des coyotes, notamment sur les troupeaux de moutons ne justifiera jamais de leur faire subir un tel traitement.

Toronto, ON - October 2 - Deni Reiss is the President and CEO of The Canada Goose company that has made iconic outerwear, primarily down filled jackets since the 1950's. All their jackets are made in Canada and the down is sourced in Canada as well. A tour of the factory in the Dufferin and Eglinton area of Toronto illustrates the process. October 2, 2013. (Richard Lautens/Toronto Star via Getty Images)

Richard Lautens/Toronto Star via Getty Images

Lire l’article “Canada Goose est accusé d’informations trompeuses sur la fourrure de coyote” dans le Huffington Post Canada.

vestes-canada-goose-2Lire “Violence et cruauté, souffrances”, le coût réel des vestes Canada Goose” sur la page espritsciencemetapysique.fr

Une vidéo tristement éloquente

FILE - In this Nov. 28, 2013, file photo, garments hang on display at the Canada Goose Inc. showroom in Toronto, Canada Goose, one of the world's leading makers of extreme weather outerwear, is selling a majority stake in the company to private investment firm Bain Capital. (AP Photo/The Canadian Press, Aaron Vincent Elkaim)

AP Photo/The Canadian Press, Aaron Vincent Elkaim

L’article “Arrête tes conneries et pose cette Canada Goose” sur le site Animalter.

tumblr_static_30xe72kfh2kgwso4444c4sgcc L’article très documenté Déconstruire Canada Goose sur le site Merci la mode

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Ratons laveurs © Shutterstock

Et enfin, l’appel et la pétition de la Fondation 30 millions d’amis pour la fermeture des fermes de fourrure en Europe.

Interpellation de François Fillon sur la condition animale et l’énergie nucléaire

carousel_3_chasseurMonsieur Fillon,

Vous êtes depuis toujours le défenseur des chasseurs et de la corrida. Sans toutefois vous faire un procès d’intention, les défenseurs de la cause animale dont je suis, peuvent s’inquiéter légitimement des mesures que vous pourriez prendre à cet égard si jamais vous étiez élu président de la République. Pourriez-vous clarifier votre position sur le sujet ? Êtes-vous favorable à un “statu quo” sur des questions très sensibles comme les conditions d’élevage et d’abattage, l’expérimentation animale, la révision de la liste des “nuisibles”, l’octroi de journées sans chasse ? Seriez-vous prêt au contraire à envisager des améliorations et des assouplissements de la réglementation actuelle malgré les lobbyistes pro-chasse très actifs qui vous soutiennent ou qui vous soutiendront très probablement après le 2ème tour des primaires (Luc Chatel, Gérard Larcher, Xavier Bertrand, etc.). Un nombre croissant de nos concitoyens sont sensibles à la cause animale qui devient une donnée importante de leur choix politique et citoyen. Sans évoquer ici la question de la souffrance, je tiens à souligner qu’il ne s’agit pas d’un sujet anecdotique mais d’une question éthique essentielle sur laquelle nous aimerions connaître votre position actuelle.

J’ajoute un dernier point, cette fois sur votre défense traditionnelle de l’énergie nucléaire. Les incidents récents survenus dans plusieurs centrales, la faillite d’Areva et le dernier rapport de l’ASN ne devraient-ils pas ébranler la position dogmatique des pro-nucléaires ? En d’autres termes, l’image d’un nucléaire propre, compétitif et garant de l’indépendance nationale, n’est-elle pas dépassée ou plus exactement mensongère ?

Commentaire publié 25 novembre 2016 sur la page Facebook de François Fillon.

Voir la profession de foi pro-chasse de François Fillon