Archives de catégorie : Biodiversité

Le silence des oiseaux – Un périlleux voyage

Le silence des oiseaux, excellent documentaire de Su Rynard qui explique pourquoi environ 40% des passereaux (mésanges, alouettes, moineaux) ont disparu depuis les années soixante

Présentation :

« Imaginez un monde privé de chants d’oiseaux… La population de passereaux décline de manière alarmante. Avec des scientifiques, des écologistes et des amateurs, ce documentaire en deux parties décrypte ce phénomène.

La disparition des passereaux pourrait, à terme, avoir de graves conséquences pour l’écosystème. Cette première partie va à la rencontre de scientifiques, écologistes et amateurs mobilisés dans le monde entier pour comprendre le déclin de ces populations migratrices, dont le parcours est semé d’embûches. Le film explore la vie de ces oiseaux et les principaux dangers auxquels ils sont confrontés. Prédateurs en tous genres et environnements urbains hostiles sont un fléau pour ces populations migratrices. Les scientifiques développent de nouvelles technologies dans l’espoir de sauver les passereaux de ce terrible déclin. Est-il encore temps d’intervenir avant que le chant des passereaux ne soit plus qu’un souvenir ? »

A revoir aussi sur le site d’Arte en HD.

Mon beau renard

Renard roux © Crédit inconnu

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Je me souviendrai du jour où je t’ai vu trotter sur la lande. Toi mon bandit de grands chemins, mon paria famélique, mon solitaire. Je t’ai surpris dans cette quête sans fin, au hasard d’un sentier, essayer d’échapper aux fusils des chasseurs.

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Quand j’ai vu ce qu’ils t’avaient fait. Quand je les ai vus t’enfermer dans une cage jusqu’à te rendre fou de douleur, puis t’électrocuter par l’anus pour te voler ta belle fourrure. Quand je les ai vus te déchirer le corps avec leur piège de fer, te brûler les entrailles avec leur poison, te déterrer pour te faire déchiqueter par leurs chiens. Quand je les ai vus rire de ta souffrance et de ta mort puis s’en glorifier devant ta pauvre dépouille, j’ai compris que c’étaient les mêmes qui avait inventé Auschwitz et Hiroshima, le génocide des Arméniens et celui du Rwanda.

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Je t’ai vu, tout petit encore, pendant tes si rares moments d’insouciance, jouer dans mon jardin en courant derrière un papillon. Une autre fois, je t’ai surpris, sur un sentier du Finistère. J’étais contre le vent, avec mon labrador Master, et nous nous sommes arrêtés tous deux. Moi, pour t’admirer, et Master, pour renifler les odeurs poivrées et musquées de la lande. Comme tu avais l’air heureux et libre alors. Tu t’étirais de plaisir, au soleil, sur l’un des chemins creux qui mènent à la plage de l’Aber. Je ne sais pas combien de temps a duré cette ivresse. Et puis tu nous as vus et tu es parti avec ta légèreté coutumière comme un songe empanaché. Il m’a fallu un effort pour me remettre de cet état, mélange d’extase, de curiosité et de torpeur.

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Je n’oublierai jamais le jour où je t’ai vu agoniser sur une route de la région parisienne, la nuit, non loin du parc de Saint-Cloud. Tu venais de te faire renverser, et le conducteur,
à la fois pressé et tranquille, comme tous les tueurs involontaires, avait déjà passé son chemin. Nous nous sommes arrêtés, ma femme et moi, et nous avons croisé, impuissants, ton dernier regard qu’éclairait la lumière diaphane des réverbères.
Comme ce regard, bientôt voilé par la mort, était poignant tant il recelait d’incompréhension, de souffrance et de tristesse. J’aurais voulu te parler, te caresser, te dire que je n’étais pas comme eux, que je savais que tu existais et que je ne me voyais pas comme l’unique habitant de ce monde.

Mon petit prince à la robe feu, mon goupil, mon âme sauvage,
Je te rends grâce, toi l’ange rebelle, tu m’as sorti un peu de la médiocrité de mon espèce en m’indiquant la voie de la paix, du respect et de la tendresse.

Laurent Dingli 27 juin 2017

Illustration : extrait de l’affiche du merveilleux film de Luc Jacquet, Le renard et l’enfant.

Le renard : un massacre perpétuel

Voici les méthodes atroces utilisées chaque année pour « réguler » le renard, une espèce qui s’auto-régule naturellement et qui est bien plus utile à la nature que les assassins qui la traque.

Mobilisons-nous, partageons cette vidéo ! Mettons fin à cet acte de barbarie.

Signons également la pétition :

Le collectif Bernard Le Renard lutte pour retirer le renard des listes des animaux nuisibles (injustement répertorié) en France afin de le protéger des pratiques barbares et de masse qui sont employées pour sa destruction. Sa page Facebook et son compte twitter.

Vous pouvez aussi soutenir les associations qui luttent plus particulièrement pour la protection de la faune sauvage telles que l’ASPAS (Association de protection de la faune sauvage) ou FERUS (Ours-loup-lynx Conservation).

Presse : Voir Le renard est-il vraiment un animal nuisible ?, l’interview de François Mautou, parue dans La Croix à l’occasion du colloque national sur le renard des 12 et 13 mai 2017, et Le renard n’est pas un animal nuisible, arrêtez de le massacrer, la tribune d’Ariane Ambrosini, juriste auprès de l’ASPAS, sur le site de reporterre.

« En Afrique centrale, la grogne monte contre l’huile de palme », Slate Afrique, 21 décembre 2016

rss_1482332638_5fae9b4724e7a42f9ed35c6c978e7686ddcafe59_0La grogne est montée en 2016 en Afrique centrale, notamment au Gabon et au Cameroun, contre les méga-plantations d’huile de palme financées par des groupes agro-industriels asiatiques, américains ou européens, accusés de menacer les forêts du bassin du Congo après celles d’Indonésie et de Malaisie.

Extraite par la pression à chaud de la pulpe ou de la chair des fruits, moins chère que le soja, le tournesol ou l’olive, cette huile artisanale est très prisée dans les foyers africains. Mais elle remporte la palme de la contestation une fois produite et exportée à l’échelle industrielle.

Sa production en Asie ou en Afrique accélère la déforestation et le réchauffement climatique et menace la faune accusent les défenseurs de l’environnement.

La polémique vient de rebondir au Gabon, où la forêt recouvre 80% du territoire (267.667 km2).

Deux ONG – Brainforest et Mighty – ont enquêté sur les activités d’Olam, un groupe agro-industriel de Singapour partenaire privilégié du gouvernement. Olam indique avoir planté 58.000 ha de palmiers au Gabon.

« On peut estimer qu’Olam a déboisé depuis 2012 environ 20.000 ha de forêts dans ses concessions gabonaises à Awala et Mouila. Des enquêteurs sur place ont vu et filmé des bulldozers abattant de grands arbres et sur une vaste échelle », accusent Brainforest et Mighty dans leur rapport publié mi-décembre.

Lire la suite sur le site de Slate Afrique.

Pour une idée précise sur les ravages causés par les multinationales, voir les excellents articles de l’association Brain Forest Gabon « Olam réagit à la sortie du rapport qui l’accable sur la déforestation« 

Le Messager – Véronique Jannot sur la terre des Gibbons

Le premier épisode de la série documentaire "Le Messager" sera diffusé mercredi 6 janvier à 20h50 sur France 3. Vé…

Posté par Le Messager sur mercredi 23 décembre 2015

Une autre voie pour la Bretagne

une-autre-voie-1Dans le cadre des élections régionales, je soutiens la liste Europe Ecologie Les Verts menée par René Louail, Une autre voie pour la Bretagne (Un hent all evit Breizh) composée de militants écologistes comme Jean-Pierre Bigorgne dont je connais le travail et que j’estime. Il est temps que la Bretagne adopte un modèle économique et social plus respectueux de l’être humain, de l’animal et de la biodiversité. Nous voulons mettre un terme au système qui maltraite le vivant et ne laisse qu’un avenir sombre à nos enfants. Nous militons, dans le cadre régional, pour une agriculture biologique, de proximité,  respectueuse de l’être humain et de l’animal. Nous ne voulons plus d’une agriculture soumise à l’industrie agro-alimentaire et à la grande distribution qui bafouent les droits élémentaires des producteurs et multiplient les élevages-mouroirs. Nous refusons ce système dans lequel, trop souvent, le paysan ne peut plus vivre de son travail, et qui fait de l’animal un simple produit de une-autre-voie-2consommation.

Une autre voie pour la Bretagne, c’est faire en sorte que les transports soient véritablement adaptés au habitants de la région. Plutôt que de dépenser des sommes colossales pour obtenir un gain de temps dérisoire sur les grandes lignes TGV, nous préférons investir dans les TER et les transports de proximité pour que ceux-ci facilitent véritablement la vie quotidienne des Bretons.

Dans le cadre de la COP21 et alors que le système productiviste hérité de l’après-guerre s’essouffle, nous pouvons donner aux écologistes les moyens d’agir et de peser dans la décision politique au niveau régional.une-autre-voie-3

Mes amis, je vous invite à voter comme moi le 6 décembre prochain pour la liste écologiste, une autre voie pour la Bretagne.

 Je voudrais ajouter quelques commentaires à la lumière du second tour de l’élection régionale. Il serait temps que les instances dirigeantes d’Europe Ecologie Les Verts se remettent en cause et tentent de comprendre la désaffection croissante des électeurs à l’égard des listes qu’elles défendent. D’après de récents sondages en effet, environ 50% des écologistes font désormais le choix de l’abstention. C’est non seulement le résultat des luttes de pouvoir incessantes dont ce parti a toujours donné le navrant spectacle, mais aussi celui d’une politique faite d’incohérences et de sectarisme. Il y aurait pourtant la place en France pour un grand parti ouvert et indépendant. C’est malheureusement le chemin inverse qu’ont emprunté les cadres d’EELV qui ont, en quelque sorte, confisqué cette belle cause universelle à leur profit. Le résultat, aujourd’hui, c’est qu’Europe Ecologie Les Verts s’apprête à mendier des dons pour assurer son fonctionnement tout en continuant d’être une simple variable électorale du Parti socialiste. Quel message envoie-t-on aux électeurs lorsque, comme Emmanuelle Cosse en Ile-de-France, on s’allie avec le chasseur Claude Bartolone ? Quel sens donner à une action quand celle-ci se fourvoie avec un pouvoir qui défend le projet de Notre-Dame-des-Landes, utilise la force à Sivens, détourne l’état d’urgence pour arrêter des militants écologistes ou fait abattre les représentants d’une espèce protégée par la convention de Berne ? C’est pour ces raisons que, lors d’autres scrutins, notamment présidentiels, j’ai soutenu des personnalités comme Corinne Lepage ou Antoine Waechter.

(mise à jour du 16 décembre 2015).

Gezia, notre avenir

vocation_natureJe voudrais vous présenter une jeune fille qui a l’âge d’être ma fille. Elle s’appelle Gezia. Je ne l’ai encore jamais vue, si ce n’est en photo, mais j’ai le sentiment de la connaître, parce qu’elle m’a fait partagé ses espoirs, ses déceptions, sa foi, et quelques-unes de ses douleurs. Comme ma fille, Gezia représente mon avenir, je veux dire le nôtre, celui d’une jeunesse qui, avec ses faibles moyens, mais riche d’enthousiasme, lutte pour préserver la diversité de notre planète. Gezia Dirini est une jeune indonésienne qui travaille pour l’association Kalaweit, créée par Aurélien Brulé, dit Chanee, en vue de protéger les gibbons et les siamangs de Sumatra et de Bornéo.

Aurélien, le fondateur, est un défenseur de la biodiversité, un vrai, pas un de ses bavards, de ses poseurs qui passent plus de temps devant les caméras et dans leur hélicoptère pour garnir leur compte en banque ou flatter leur narcissisme. Chanee est constamment sur le terrain, il y vit, il y consacre tout, c’est un apostolat, un don de soi total. Depuis quelque temps, son blog permet de suivre, vidéo à l’appui, l’action qu’il mène au quotidien dans la forêt – on y apprend mille choses ; on partage de loin sa curiosité, ses inquiétudes ; on tremble même pour lui lorsqu’on le voit pister des braconniers. Mais Aurélien est de la trempe d’une Dian Fossey, d’une Jane Goodall ; ces hommes et ces femmes ne vivent pas les choses à moitié. Il faut écouter ce qu’ils se tuent à nous dire depuis tant d’années déjà, pour les plus anciens d’entre eux. Ils nous répètent sans cesse, avec une lucidité terrible pourtant matinée d’optimisme, que ce monde est à la fois beau et fragile, qu’il faut arrêter de le piétiner, d’en faire un espace mort, sans arbre, sans bruissement, sans couleur, sans différences ; ceux-là nous disent et nous redisent que des euros, des yens, des dollars, de l’huile de palme, des meubles de jardin, de la viande de brousse ou du papier, couvrent déjà des monceaux de cadavres et détruisent nos véritables richesses. Les listes d’espèces menacées, ou qui ont déjà disparu, s’allongent, se claironnent, s’égrènent comme une litanie sordide, et nous faisons régulièrement semblant de nous en désoler, le temps d’un journal télévisé, d’une rubrique internet, d’un brève trop rapidement ingurgitée, entre deux mauvaises nouvelles, parce que nous n’avons plus le temps ni le goût de jauger constamment le désastre, parce qu’il est vrai, souvent, la vie est difficile.

siamang_shout_sunekoCi-contre : « Shout », « Cri » – siamang © Suneko

Mais eux, les femmes et les hommes d’action comme Chanee n’ont pas le temps de désespérer, parce qu’ils agissent, parce qu’ils ne veulent pas être obligés de se dire un jour qu’ils n’auront pas tout tenté pour contribuer à préserver un peu de sa beauté. Ils ne se prennent jamais pour des sauveurs de monde, ce ne sont pas des illuminés, des porte-voix de l’Apocalypse, juste des individus qui essaient de donner un sens à leur existence en l’inscrivant dans une certaine harmonie du vivant.kalaweit_1

Dominée par l’aura de Chanee, Kalaweit est aussi et avant tout une oeuvre collective. Elle bénéficie de talents et de soutiens, depuis ceux des donateurs ou des éco-volontaires qui participent au programme, en passant par les organisateurs comme Thierry Destenay, coordinateur France, sans oublier les soutiens indéfectibles, tel celui de la comédienne Muriel Robin ou de l’association One Voice, présidée par Muriel Arnal qui consacre un effort substantiel pour porter le projet Kalaweit.

Et c’est dans cette aventure formidable mais aussi souvent difficile que s’est engagée Gezia. Ceux qui veulent aider Kalaweit ont la possibilité de parrainer l’un des singes recueillis par l’association. C’est ainsi que mon épouse et moi avons connu la jeune femme. En plus de toutes ses occupations, Gezia apprend le français (et le japonais) afin de pouvoir faire ses compte-rendu et nous donner, le plus régulièrement possible, des nouvelles des pensionnaires de Kalaweit. Voici donc quelques extraits de ses courriers. Ils sont toujours plein d’humanité. J’espère qu’ils vous donneront envie de participer à cette grande aventure.

one_voice7© Kalaweit et logo One Voice

Dans son premier message, Gezia se présente ainsi :

« Je m’appelle Gezia Dirini (prononcer: Gaizya), je suis une femme et j’ai 24 ans, je fait la gestion de programme d’adoption de Kalaweit International Adoption Programme (KIAP) Sumatra. Je fais des observation et donner la nouvelle, le progres, et envoyer les photos des Siamangs ou Gibbons pour vous. Je suis indonésienne et j’habite a Padang. Sur la belle île de Marak je m’occupe des Gibbons et Siamangs ainsi que des tortues surtout qu’il y a beaucoup d’activités la-bas. On nourrit, nettoie les cages, surveille la foret et ecoute les chants.

Je vous écris de la part Thierry Destenay, qui m’aide beaucoup car mon français n’est pas encore parfait (mais je vais et dois apprendre serieusement) (…) »

Dans un autre courrier, plus personnel, l’observation de l’attitude des singes envers leur progéniture donne lieu à une touchante comparaison avec le comportement de nos congénères. Au-delà de cette analogie, c’est, en filigrane, toute la question de l’identification, du respect de la différence, que pose Gezia, avec ses mots et sa candeur :

« Je pense et je vois, qu’il y a beaucoup de parents (humain) qui font le mal pour leur enfants. Heureusement pas mes parents. Les Siamangs et Gibbons aiment beaucoup leur enfants. Ils sont animaux. Mais l’human chasse leur bébé et tuer leur grand. Il y a beaucoup aussi les gens qui jette leur enfants parce qu’ils sont occuper avec leur travail et les enfants a devenu criminel. Ou les enfant qui jettent leur parents à l’hospice de vieillards pour la même raison comme mon voisin. Mais c’est la vie ».

C’est le récit d’une jeune femme qui apprécie le plaisir simple de vivre dans la nature, et qui comprend le caractère exceptionnel de son environnement. Gezia nous fait alors partager d’autres moments de sa vie, la célébration du Ramadan, les séismes qui frappent l’archipel et toujours l’apaisement que lui procure le spectacle de la nature. Ces courriers sont plein d’humour et de profondeur. Je pourrais en citer bien des extraits, notamment celui où elle confie la douleur que lui a procuré la mort d’un animal, lorsqu’elle évoque l’amitié qu’elle noue avec les éco-volontaires ou encore le respect que ses parents lui enseignent pour les morts, mais je me contente de publier un dernier texte, particulièrement émouvant, dans lequel on voit la jeune femme affronter l’incompréhension de son entourage. Elle tient pourtant le cap, elle sait qu’elle a raison. A vingt-cinq ans, quelle leçon !

« Hier, dans la reunion de mon école, j’ai rencotré mes vieux amis et ils se moquent de moi. Ils ont dit que mon « travail » n’est pas normal, parce que je travaille avec les singes et c’est bizarre (comme ma famille m’a dit mille fois aussi).

Je suis très triste de mes amis, mais aussi fier sur mon activité avec Kalaweit.

J’ai essayé de leur expliquer que le gibbon et siamang, aussi beaucoup d’autre éspace des animaux du monde sont vraiment menacer, aussi la forêt et la nature.

Mais ils disent que personne se soucier et ils ne besoin pas de se soucier. Ils pensent que je suis stupide car j’ai jeté mon temps avec Kalaweit.

Que je suis idiote si je pense je peux sauver le monde.

Ils disent aussi que je dois chercher le travail dans une banque ou une grande association comme eux et avoir beaucoup d’argent d’avoir « un travail normale ».

C’est vraiment casser mon coeur.

Je prie que je peux leur faire comprendre que notre forêt est perdu 1.5 million hectare per an et que au moins 5000 siamangs sont mort car le gens les chasses ou ils ont perdu leur maison, la forêt.

Que les siamangs et gibbons sont nés sur île de Marak.

Mais expliquer cette chose, est comme « peindre sur l’eau ». Qu-est que je dois faire ?

Si jamais j’ai pourrais leur montre votre lettre que. J’ai une amie loin de chez moi qui me soutien.

Merci pour vous, merci pour votre soutien.

Je prie que notre future sera mieux et les gens seront s’attentif pour notre environnement.

Bien amicalement avec tout mon bonheur

Je t’embrasse bien fort

Gezia »

Pour toute référence à ce texte, merci de préciser : Laurent Dingli, « Gezia, notre avenir », Le site de Laurent Dingli, juin 2008.

Dimanche 8 juin 2008. Dernière mise à jour : 9 juin 2008

Un monde sans tigres

olivier_allaertFairwell, my Lord, Adieu mon grand seigneur, mon ami. Un monde sans tigres, peut-être après tout, ce n’est pas si grave. Quand le dernier de ces animaux sauvages aura été abattu, tout sera encore comme avant. Je me lèverai pour monter dans ma voiture, je retournerai dans mon supermarché pousser mon caddie afin de choisir la barquette de plastique dans laquelle sera empaqueté un morceau de viande industrielle. J’irai m’acheter le dernier I-Phone, ou le plus récent modèle d’écran plat, ou un 4X4, pour surélever un peu plus ma connerie dans l’atmosphère, je ne sais pas, je verrai bien. Quand le dernier tigre aura disparu, je regarderai la saison 3 ou 4 de ma série américaine préférée, et puis j’irai voir des films formidables, et je lirai quelques mièvreries consensuelles… Quand le dernier tigre aura disparu, ma vie sera pareille, et rien n’aura vraiment changé.

© Olivier Allaert

Mais si, pourtant, tout aura changé. Avec le dernier des tigres vivant à l’état sauvage, ce n’est pas seulement l’un des êtres les plus magnifiques, les plus fascinants de la planète que je verrai mourir, c’est aussi une différence de plus, une part de ma propre liberté et de ma propre sauvagerie. Quand j’étais enfant, je pensais souvent à l’errance du chef sioux, Crazy Horse, un autre grand seigneur, qui n’a pas réussi à vivre libre. Il a pourtant tout essayé, la négociation, la guerre, et même la fuite au Canada, mais non, rien à faire, tout cela était vain. Il fallait se soumettre ou disparaître. Et il a disparu.

Je suis tout aussi triste aujourd’hui, quand je vois mourir la culture des Papous, celle des Inuits, des Guaranis ou des Himbas. Les peuples que l’on appelait jadis « primitifs », je ne les ai pourtant jamais idéalisés. La nature ignore la pitié, quand aux « peuples premiers », certains pratiquaient l’infanticide, le sacrifice humain ou la torture, d’autres ont ravagé leur environnement comme les habitants de Palenque, ou ceux de l’île de Pâques. Pas d’image idyllique donc, ni de mythe du bon sauvage. Mais je ne veux pas pour autant vivre dans un vaste supermarché, au milieu d’autres consommateurs, en écoutant du rap hindou, maghrébin ou pakistanais, dans un monde bien rangé pour touristes qui veulent voir un tigre ou un lion le temps de faire une petite photo, un monde de mégalopoles d’où la sauvagerie, la vraie, pas celle qui désigne la cruauté des hommes, sera définitivement bannie.

Oui, mon beau tigre, mon bel animal, ma différence, ils auront ta peau, parce qu’ils sont trop nombreux, et que tu ne fais pas le poids. Tu vas disparaître, mon ami, mon frère, écrasé sous des montagnes d’avidité, de bêtise et d’indifférence. Tu feras ton numéro sur un tabouret pour distraire quelques imbéciles et on t’élèvera en batterie comme on le fait pour nos vaches ou nos poulets. On ne te verra plus qu’à l’état de chat domestique, ou de réserve à « médicament » pour Chinois impuissants. Toi aussi, comme Sitting Bull tournoyant dans un cirque, la bannière étoilée à la main, bien dressé, bien cassé, tes griffes bien limées, tu ne seras plus qu’un animal de foire…

Liens : articles du Nouvel Observateur, L’inquiétant déclin du tigre sauvage du 1er juin 2007, les sites de l’IFAW et de la CITES, à propos de l’élevage des tigres en Chine, le très beau texte de l’écrivain et militant de la cause animale, Armand Farrachi, dans le Hors-série de Télérama sur l’Exposition de la Grande Halle de la Villette, « Bêtes et hommes, je t’aime moi non plus », où l’auteur évoque notamment l’incapacité du gouvernement indien à s’opposer efficacement au braconnage. Vous pouvez aussi lire, ou relire, l’appel poignant qu’il avait lancé en 2001 dans le Monde diplomatique Pitié pour la condition animale. En anglais, voir l’article de Reuters UK du 3 août dernier de Nita Bhalla, Indian tiger population more than halved, les sites du Wildlife Conservation India et de l’ONG britannique 21st Century Tiger. Vous trouverez la description de plusieurs autres associations de protection du tigre sur le site Indian Tiger.

30 septembre 2007

Pour toute référence à ce texte, merci de préciser : Laurent Dingli, « Un monde sans tigres », Le site de Laurent Dingli, septembre 2007.

La disparition des gorilles

gorille_one_voiceC’est un cri d’alarme et un appel à l’aide que je lance aujourd’hui avec beaucoup d’angoisse pour l’une des grandes richesses de notre terre qui en train de disparaître sous nos yeux : les gorilles. Nous ne pouvons pas permettre cette abomination. Notre richesse, ce ne sont pas nos propriétés et nos voitures, notre or et nos diamants, nos supermarchés et nos piscines, nos MP3 et nos grands écrans, notre richesse est là, cachée dans la forêt du Rwanda et du Congo, elle réside dans le regard si beau et si majestueux des derniers grands singes. Mes amis, les gorilles sont sur le point de disparaître à tout jamais de notre planète. Il ne reste plus que 700 gorilles des montagnes dans le monde. Il faut agir TOUT DE SUITE ! Car c’est notre part d’espoir et d’humanité qui s’en ira avec eux.

Voici un court extrait de l’article de Scott Johnson, paru dans Newsweek, et publié par Courrier international cette semaine : « Les hommes se pressent sous leurs ponchos verts, ils tiennent nerveusement leur AK-47 sur l’épaule. Les pluies de l’été ont détrempé les plaines et la forêt du parc national de Virunga, un vaste espace protégé situé le long de la frontière orientale de la République démocratique du Congo (RDC), dont on estime qu’il abrite 60% des derniers gorilles des montagnes subsistant dans le monde. Les hommes laissent leur cigarette s’éteindre sous la pluie. Puis, en file indienne, ils pénètrent dans la forêt.

Isaya.jpg 10« Soudain, dans le vacarme de la tempête, un cri retentit. Les gardes forestiers viennent de trouver le premier cadavre, à moins de 100 mètres de là. La femelle gorille repose sur le flanc, sa petite langue rose dépassant légèrement de ses babines. Elle était gravide et ses mamelles sont gorgées du lait destiné au bébé qu’elle portait. Les gardes font cercle autour de l’animal et caressent son poil roussi. Ils secouent la tête et claquent la langue en signe de désapprobation. L’un d’eux attrape la main d’un gorille et la tient un long moment, en baissant la tête, dans une attitude de deuil. Elle s’appelait Mburanumwe. Les gardes la connaissaient très bien, comme ils connaissent tous les gorilles vivant dans leur secteur. Après l’avoir abattue, ses meurtriers ont mis le feu à sa dépouille. A présent ses paupières sont fermées et elle semble absorbée dans une méditation profonde (…) A deux pas de là, ils découvrent les cadavres de deux autres femelles adultes, membre d’un même groupe de douze individus. Deux jeunes gorilles sont désormais orphelins. Le lendemain, c’est un mal qui est retrouvé mort. Ce massacre, découvert le 23 juillet dernier, est peut-être le plus grave perpétré à l’encontre des gorilles des montagnes depuis vingt-cinq ans.

mwaka-portrait-tn 25« Même les gardes forestiers sont en état de choc – et pourtant ils vivent dans un pays où plus de 4 millions de personnes ont été tuées dans les luttes fratricides ces dix dernières années (…) Des extrémistes utus, repliés dans le parc après avoir massacré des Tutsis au Rwanda en 1994, se sont établis à sa lisière. Il y a trois ans quelque 8000 Rwandais ont traversé la frontière à la recherche de pâturages : en moins de trois semaines, ils ont détruit plus de 1200 hectares sur le territoire habité par les gorilles »(1)

Pauvre Congo, sortiras-tu un jour de cette nuit interminable, depuis les mains coupées de tes femmes et de tes adolescents par les administrateurs du roi des Belges, jusqu’à l’horreur de tes enfants exorcisés, lors de cérémonies criminelles, en passant par tes pygmées massacrés, tes forêts dévastées, exploitées, la richesse de ta faune, annihilée. C’est un sentiment de tristesse et de désespoir qui m’envahit aujourd’hui. Et le seul remède, le vrai remède, c’est l’action. Je vous en prie, donnez 50 euros, 30, même 10 ! Peut-être n’y arriverons-nous pas, mais quels hommes serions-nous si nous n’essayions pas.

Vous pouvez agir en envoyant des fonds à Wildlife Direct (Africa conservation fund). Donnez 50, 30, même 10 euros. Cette ONG, confondée en janvier par Richard Leakey, et financée par l’Union européenne, garantit aux donateurs que l’intégralité de leur contribution sera directement versée aux gardes forestiers. Vous pouvez aussi soutenir les associations qui se consacrent à la protection des singes, comme celle de Jane Goodall, Help-Primates, de Dian Fossey ou Kalaweit (protection des gibbons et siamangs d’Indonésie). La situation humanitaire en RDC est catastrophique. Le viol, notamment, est depuis longtemps une arme de guerre. Voir sur cette question le site d’Afriquerenouveau. Vous pouvez aidez la population martyre en consultant le site de Heal Africa qui fait un travail exceptionnel pour tenter d’apaiser les souffrances inouïes de ces femmes.

Quelques hommes qui risquent leur vie : Isaya gagne 10 dollars par mois, Kavusa, 35, et Mwaka, 25 dollars par mois © One Voice pour le Gorille et Wildlife Direct pour les Rangers.

(1) Courrier international n° 880 du 13 au 19 septembre 2007.

16 septembre 2007

Pour toute référence à ce texte, merci de préciser : Laurent Dingli, « La disparition des gorilles », Le site de Laurent Dingli, septembre 2007.