Laurent Dingli, Une pureté sans nom

Une pureté sans nom, Paris, Flammarion, 2007, 639 p.

 “Moi, docteur Maximilian Gruber, né à Munich, le 6 décembre 1904, indifférent à la politique, mais encore épris d’un bel idéal, j’ai contribué modestement à forger l’arme qui allait un jour endeuiller l’humanité. Pendant des années, je me suis rabattu sur les principaux coupables de ce drame, moi qui me croyais innocent comme l’agneau à la tétée… Mais laissons un moment les grands criminels, mon fils, les Hitler, les Staline, les Goebbels, non, celui qui m’intéresse aujourd’hui, c’est lui, l’homme qui est caché dans la foule, qui acclame et qui crie, lui l’anonyme dont le corps modeste, joint à celui des autres, fait masse, lui l’instrument indispensable, lui qui dira plus tard qu’il était là par hasard, qu’il ne savait pas, qu’il avait mal au ventre ou qu’il était triste, lui qui, peut-être, n’était pas d’accord mais ne l’a jamais crié. Il était là, sur la photo, au milieu de cette boue, c’était moi, c’était nous, les irresponsables”.
Le portait est remarquable de pénétration… On approche ici de près ce qu’on a pu appeler l’exceptionnalité du nazisme, Jean-Claude Lebrun, L’Humanité du 4/1/2007.
Une pureté sans nom fait partie des livres que l’on renferme le souffle coupé et cette énigme vissée à l’esprit : aurions-nous eu notre place sur la photo des anonymes coupables ?, Ellen Salvi, Zone Littéraire.

A Nameless Purity by Laurent Dingli

The book
“I, Dr Maximilien Gruber, born in Munich on 6 December 1904, indifferent to politics but still enamoured of a beautiful ideal, made a modest contribution to history by forging the weapon that would one day bring humanity to grief. […] For years I blamed the principal guilty parties of this drama, I who considered myself as innocent as a suckling lamb… But let us leave aside for the moment the great criminals, my son, the Hitlers, the Stalins, the Berias, the Goebbels. No, the man who interests me today is the man hidden in the crowd who applauded and shouted, the anonymous man with the modest frame. Joined to the modest frames of others, he became part of a mass, an indispensable instrument, yet he would later say that he was there by accident, that he did not know, that he had a stomach-ache or was sad, this man who, perhaps, did not agree but never protested. He was there on the photo, in the middle of this sludge: it was I, it was we, the irresponsible ones.” In January 1969, Berliner Maximilien Gruber addresses a long letter to his son to explain to him his story and that of Germany; in doing so he thinks that he will relieve the weight that burdens his generation. A veritable fresco unfolds before us as he brings to life a multitude of characters, strong and aggressive, swept up in the torment of the Great War, the Spartacist Revolution, Weimar, the crisis and the rise of Nazism. This letter is a great novel, a tale of adventure but also a meditation on the origin of chaos and the human condition. It is above all a message of hope addressed to a son by a father at the end of his life.
The author
Laurent Dingli, a doctor in History, has already published, with Perrin Colbert, Marquis de Seignelay, and, with Flammarion, biographies on Louis Renault and Robespierre. Une pureté sans nom is his first novel. (source : Flammarion Foreign rights)

4 réflexions au sujet de « Laurent Dingli, Une pureté sans nom »

  1. Claude Lévi-Strauss

    Cher Monsieur,

    Touché par votre chaleureuse dédicace, je lirai, soyez-en assuré, Une Pureté sans nom, mais ne veux pas tarder à vous remercier en vous priant, cher Monsieur, de me croire, très attentivement,
    Claude Lévi-Strauss

    (Cette lettre datée du 12 décembre 2006 a été republié sur ce nouveau blog)

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  2. Claude M.

    Cher Monsieur,

    Merci de m'avoir envoyé votre roman "Une pureté sans nom". Je l'ai lu avec beaucoup de plaisir.

    Vous témoignez dans ce livre d'une connaissance de l'Allemagne, et d'une sensibilité sur le sujet de la responsabilité qui impressionnent et font réfléchir.

    Amateur de biographies, j'avais lu votre Robespierre avec beaucoup d'intérêt.

    Je serais heureux de faire un jour votre connaissance, si vous venez à Berlin.

    Veuillez agréer, Cher Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs
    Claude M.

    (Cette lettre datée du 5 mars 2006 a été republiée sur ce nouveau blog)

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  3. Friedwart Becker

    A M. Laurent Dingli,

    Je ne peux pas dire que votre livre "Une Pureté sans nom" m'a plu à cause d'une telle catastrophe humaine.

    Mais votre livre m'a beaucoup touché. Je l'ai lu aussi pour mieux faire votre connaissance. J'ai trouvé une personnalité qui ose de regarder aux choses cruelles jusqu'aux fond. En qualité d'un Docteur en Histoire, vous avez choisi la forme d'un roman, ce qui vous a donné la possibilité de montrer les sentiments humains, les bons et les mauvais comme le porteur d'eau chinois.

    Ce qui m'a frappé le plus, c'est que vous, en qualité de Français, avez eu la capacité de vous mettre (dans) la peau d'un Allemand.

    Je vous remercie beaucoup d'avoir fait votre connaissance et que vous avez réussi à m'ouvrir les yeux sur beaucoup de choses de la vie.

    J'espère que notre dialogue continuera.

    Bien cordialement
    Friedwart A. Becker

    (Cette lettre datée du 6 août 2007 a été republiée sur ce nouveau blog)

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  4. Jacques Ruck

    Cher Monsieur,

    Je viens de terminer votre ouvrage "Une pureté sans nom" et je m'empresse de venir vous dire combien cette lecture m'a passionné.

    Au fil des pages, j'ai revécu l'histoire de ma famille d'origine allemande, et qui a été déportée à Auschwitz. Votre regard sur les personnages de cette époque a si bien été restitué et abordé avec un style précis ; vous avez le talent d'avoir su rendre accessible le domaine de cette saga historique et dramatique sur la montée du nazisme et ses conséquences.

    Avec toute mon admiration, je vous prie de croire cher Monsieur, en mes sentiment les plus cordiaux.
    Jacques Ruck

    (Cette lettre datée du 14 septembre 2010 a été republiée sur ce nouveau blog)

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