La Voix protestante – février 1998, par Anette Smedley-Weill

Fils aîné de Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), contrôleur général des finances de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert (1651-1690) peut difficilement se faire des nom et prénom, qui lui assurent une renommée personnelle, ce n’est pas faute de talent et de réussites. Cet oubli de l’histoire est réparé grâce à la thèse puis au livre de Laurent Dingli sur Colbert marquis de Seignelay. Colbert père dirige, entre autres départements, le secrétariat à la marine et Maison du roi, Paris-ïle de France et clergé, il s’adjoint son fils en 1672 jusqu’à sa mort, Seignelay est alors seul ministre pendant 7 ans. L’auteur nous renseigne sur l’éducation, l’apprentissage, le rôle et les réalisations de Seignelay dans la marine, réorganisation de la « Royale » et animation du commerce colonial, et dans l’administration de la Maison très royale de Louis XIV, incluant les arts et le décorum de la cour. Ce livre, d’une écriture dense et agréable, est extrêmement bien documenté, par recours aux archives multiples et aux manuscrits de la Bibliothèque Nationale, sources de première main. La longue quatrième partie, 126 pages, expose, au-delà de la responsabilité des Colbert dans le sort fait aux protestants français, le rôle et la place de ceux-ci dans le royaume, les interventions des dirigeants et des élites politiques et religieuses, les conséquences, avant et au-delà de la révocation de l’Edit de Nantes. Livre à lire pour le marquis et pour l’œuvre de Laurent Dingli.

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