Archives de l’auteur : Laurent Dingli

Le loup, cet indésirable

Le magazine Goodplanet Info publie aujourd’hui un article sur la prédation du loup dont voici un extrait:

Bergers: une vie bouleversée par l’arrivée des loups – See more at: http://www.goodplanet.info/actualite/2014/09/12/bergers-vie-bouleversee-par-larrivee-des-loups/#comment-36978
Bergers: une vie bouleversée par l’arrivée des loups – See more at: http://www.goodplanet.info/actualite/2014/09/12/bergers-vie-bouleversee-par-larrivee-des-loups/#comment-36978
 Bergers : une vie bouleversée par l’arrivée du loup

Glandaje (France) (AFP) – « Le loup attaque la nuit comme le jour, parfois on se lève plusieurs fois par nuit, après on en parle le matin, le soir, on ne fait plus que ça et ça nous bouffe la vie », raconte Claire Giordan, une bergère qui a perdu cette année 30 brebis sur un troupeau de 900 bêtes (…)

Lors d’une rencontre organisée cette semaine à Glandaje (Drôme) par la Confédération paysanne, plusieurs éleveurs ont témoigné d’un quotidien transformé par la présence du loup, mais aussi de leurs difficultés à envisager un avenir à leur activité « face à un animal qui s’adapte en permanence ».

Le syndicat agricole, ancré à gauche et actif sur de nombreux dossiers environnementaux (pesticides, OGM, agriculture intensive, etc..), assume désormais une position qui l’oppose aux Verts et aux associations, partisans indéfectibles de cette espèce protégée.

Lire la suite sur le site de Goodplanet

Mon commentaire: Cet article évoque les difficultés réelles des éleveurs. Je regrette seulement que l’on ne mentionne même pas les arguments des défenseurs de la vie sauvage. Pourquoi ne pas interroger par exemple un représentant des associations FERUS ou ASPAS et, plus largement, un membre de Cap Loup, le collectif d’associations créé cette année ? La presse fait de même (notamment le 20h de France 2 du 6 septembre dernier). Ce n’est plus de l’information, mais du lobbying. Et la cause du loup est entendu, il faut l’abattre. Quant à la position de la Confédération paysanne et de José Bové, je la trouve populiste et rétrograde. La seule solution serait d’éradiquer le loup, comme aux siècles précédents ? Le loup n’aurait pas le droit de se nourrir quand, en France seulement, nous tuons plus d’un milliard d’animaux par an ! Partout se pose le problème aigu de la cohabitation entre l’homme, dont le développement sans limite est une calamité pour le biotope, et la vie sauvage: en Europe, au Canada, en Inde, etc. La solution la plus simpliste et la plus irrespectueuse de la biodiversité est de décrocher les fusils, d’organiser d’énièmes battues, des piégeages de meute et autres massacres de masse. Quand l’homme sera seul au milieu des ruines qu’il a créées, comme dans l’émouvant film d’animation de Steve Cutts, nous pourrons remercier José Bové et ses révolutionnaires de salon, qui n’ont sans doute pas encore compris que lutter contre les OGM et défendre la présence du loup procèdent du même respect de la biodiversité. Il est vrai que les solutions sont très difficiles à mettre en oeuvre et cela me fait songer à un Japonais ingénieux qui avait déployé beaucoup d’énergie pour protéger les champs de la dévastation des sangliers, sans pour autant exterminer ces derniers. Nous sommes capables d’inventer les armes les plus perfectionnées et les plus perverses, de mettre au point des moyens de communication les plus performants et souvent de mettre notre intelligence au service de la rapacité et de la destruction. Je ne peux pas croire que nous ne pourrions pas l’utiliser pour trouver un moyen de cohabiter avec les autres espèces vivantes qui ont le droit, tout comme nous, de vivre sur cette planète.

Lettre à Catherine Nay sur la ferme des “mille vaches”

Madame,
J’écoute toujours avec beaucoup d’intérêt vos interventions que j’apprécie souvent. Toutefois, j’ai éprouvé une certaine gêne en écoutant votre dernière chronique sur Europe 1. Je comprends l’agacement que suscite chez vous les actions de José Bové et de la Confédération paysanne – et tout récemment encore leur opposition à l’installation de la ferme dite des “mille vaches”. Vous n‘y voyez – comme pour le rejet des OGM – qu’une simple opposition d’inspiration idéologique et, pour tout dire, l’expression d’une forme récurrente d’obscurantisme. Je trouve votre dénonciation tout aussi systématique, bien qu’elle ne manque pas de fondement sur certains points. Vous ne retenez en effet qu’un modèle de croissance linéaire sans songer peut-être qu’il existe d’autres facteurs, d’autres priorités qu’il n’est pas forcément rétrograde de prendre en compte. Par exemple, vous ne semblez jamais songer au bien être animal et au respect que l’on peut avoir pour le vivant. Or ce n’est pas précisément le cas de notre modèle fondé presque exclusivement sur l’élevage intensif ; comme si cela n’était pas encore suffisant, il faudrait aller encore toujours plus loin dans cette course folle au rendement. Vous prenez l’Allemagne en exemple – je sais bien, c’est à la mode – mais vous êtes-vous demandé à quel prix se réalisait cette excellence comptable dans le domaine de l’élevage ? N’avez-vous pas songé que, derrière ces chiffres, ces indices, il y avait aussi de la vie et, il faut bien le dire, beaucoup de souffrance ? Croyez bien, chère Madame, que je n’ai nullement la prétention ni l’indélicatesse de venir ici vous adresser une quelconque leçon de morale. Je voudrais simplement vous rappeler que notre modèle économique, s’il nous apporte des avantages et un confort apparent, a aussi de graves revers qu’il ne faut pas continuer d’ignorer. Chaque année, en France, plus d’un milliard d’animaux sont élevés et abattus, dans des conditions souvent cruelles, voire même effroyables, malgré les progrès enregistrés par la Communauté européenne dont toute personne de bonne foi doit prendre acte. Mais l’industrie intensive, ce sont 60 millions de poussins broyés vivants par l’industrie agro-alimentaires ; ce sont plus de 80% des porcs élevés de manière intensive au mépris de leurs besoins fondamentaux (il y en a déjà plus que d’êtres humains en Bretagne qui se débattent dans de véritables usines à viande) ; ce sont, trop souvent encore, des volailles enfermés dans des conditions inacceptables, usés comme les vaches par l’éternel impératif de la production. Et, comme si cela n’était pas encore suffisant, il faudrait multiplier de gigantesques unités d’enfermement pour ces animaux qui ont aussi des besoins, comme vous, comme moi, comme nous tous – et produire encore et encore davantage. Vous évoquer l’aspect écologique de ces installations “modernes” (“moderne”, c’est le mot-alibi, le mot magique). Le fait de pouvoir retraiter les déchets n’est pas tout, bien que nos rivières et nos plages, ici en Bretagne, soient là pour attester qu’il y a en effet beaucoup de chemin à parcourir dans ce domaine. Non, il y a aussi l’être vivant ; je vous en prie, ne l’oubliez pas dans vos réflexions que je trouve si souvent pertinentes.
Avec mes plus sincères salutations
Laurent Dingli
Ecouter l’Edito de Catherine Nay du 1er juin 2014 sur le site d’Europe 1.fr

Questions aux candidats sur l’environnement et la condition animale

Je publie ci-dessous la lettre que j’ai adressée aux différents candidats aux élections municipales de Crozon (Finistère) et les réponses que j’ai reçues de Monsieur Jean-Marie Beroldy (Liste d’ouverture) et de Madame Dominique Tretout (Parti Socialiste). Nous attendons encore la réponse de Monsieur Daniel Moysan (DVD), actuel maire de Crozon. Comme ces différents courriers sont similaires, j’ai pris comme modèle la lettre adressée à Monsieur Jean-Marie Beroldy, afin d’éviter les répétitions.

Monsieur,
De concert avec plusieurs associations locales et nationales, j’effectue une démarche visant à connaître la position des élus sur des questions qui touchent au respect de l’environnement et à la protection animale dans notre département.
En matière d’environnement, nous aimerions savoir quels sont les grands axes de la politique que vous souhaitez mener au niveau local, notamment en ce qui concerne le respect de la Loi Littoral et la finalisation du P.L.U. de la commune de Crozon. Vous savez que le Tribunal administratif de Rennes a récemment condamné la commune pour avoir accordé des permis de construire à MM. Lars et Cossec au mépris de la Loi Littoral dans la zone de Kervéron-Menhir, limitrophe à Postolonnec (décision du 27 décembre 2013). Quant au P.L.U., nous souhaiterions connaître votre position au regard du projet de l’actuelle majorité municipale (respect des sites protégés, zones Natura 2000, protection des zones humides dont l’inventaire a été effectué, etc.) sans oublier la politique d’urbanisation que vous comptez suivre.  
Dans le volet « Urbanisme et environnement » de votre projet de campagne, vous fixez notamment comme objectif de : « Réétudier, dans le cadre Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD), la notion de centralité pour mieux répondre à la demande tout en affirmant notre projet de territoire adopté dans le projet de Plan Local d’Urbanisme (PLU). ». Nous aimerions justement connaître un peu plus précisément vos projets sur ces questions essentielles. Vous évoquez entre autres la création de réserves foncières dans le but louable de retenir les jeunes ménages en presqu’île. Pourrions-nous savoir où vous envisagez concrètement de créer ces réserves foncières ?
D’autre part, quel est votre avis sur le projet d’installation d’une centrale photovoltaïque dans la zone de Kerdanvez, mené par la Communauté de communes de la presqu’île ? Avez-vous des projets concrets en matière de transports collectifs ? De protection de la faune et de la flore ? D’aide à l’agriculture biologique locale ? Et d’une manière plus générale, comment vous situez-vous au regard de « L’appel pour un pacte d’avenir écologique et solidaire pour la Bretagne et les Bretons», lancé par un collectif d’associations dont Bretagne Vivante et qui nous semble constituer la meilleure voie à suivre pour le département et la région ?
En ce qui concerne l’assainissement des eaux,  même lorsque les élevages respectent les normes en vigueur, le problème de l’évacuation des eaux polluées demeure un problème. Avez-vous des propositions à ce sujet ?

Enfin, dernier point, depuis les dernières grandes tempêtes de cet hiver, nos plages, pourtant immenses, sont transformées en décharges publiques et littéralement recouvertes de matières plastiques, polystyrène, articles de la grande distribution made in China, filets de pêche, bois, etc. Les associations et les particuliers sont débordés et ne peuvent prendre en charge seuls un tel tonnage de déchets. A ce sujet, nous avons bien pris note de votre proposition de campagne : « Nous regarderons en direction de la mise en valeur de l’environnement et de la gestion des espaces naturels (plages, sentiers côtiers) avec un renforcement de l’équipe technique municipale actuelle dédiée à l’environnement de terrain. Cette nouvelle équipe pourrait être également chargée du nettoyage littoral (chemins de randonnée, plages…) ». Nous aimerions un engagement fort à ce sujet, engagement que la fréquence des tempêtes hivernales et le dérèglement climatique rendent nécessaire.

En matière de respect de l’animal, tout en étant conscient de l’importance du secteur de l’élevage industriel en Bretagne, nous pensons qu’il est souhaitable de privilégier au maximum la qualité sur la quantité en soutenant l’agriculture responsable et locale. Le cahier des charges des cantines pourrait comporter au moins 20% de produits issus de l’agriculture biologique de proximité, d’œufs pondus par des volailles élevées en plein air et de porcs élevés en plein air ou, du moins, sur paille.
Actuellement, 90 % des porcs sont issus de l’élevage industriel contre 3% seulement pour l’élevage en plein air. Nous sommes d’autant plus inquiets quant aux conditions d’élevage que le seuil pour la procédure d’autorisation et d’encadrement technique renforcés (dite « IED ») a été récemment relevé à 2000 emplacements de porcs charcutiers et à plus de 750 emplacements de truies conformément à une directive européenne.

La réalité sur l’élevage industriel: voir l’excellent documentaire de Béatrice Limare “Adieu, veau, vache, cochon, couvée” © Cinétévé
Or les élus peuvent agir pour améliorer les conditions d’élevage concentrationnaire par le biais du soutien à l’élevage alternatif sur paille dont les avantages sont connus comme l’indiquent les campagnes de la Protection mondiale des animaux de ferme (P.M.A.F. – Voir détails en pièce jointe). Encore une fois, plutôt que de prendre constamment en exemple la voie productiviste suivie par l’Allemagne et fondée en grande partie sur des produits médiocres et un manque de considérations sociales pour la main d’œuvre, les élevages bretons peuvent miser sur la qualité en optant de manière croissante pour des labels bio ou rouge fermier.
Des membres de la P.M.A.F. – parmi lesquels figurent des ingénieurs agronomes – seraient éventuellement disposés à effectuer des visites d’élevages responsables du Finistère si vous en exprimiez le désir (sous réserve des disponibilités de chacun).
En espérant obtenir votre réponse sur ces différentes questions,
Veuillez croire, Monsieur, en l’assurance de ma considération distinguée
Laurent Dingli, président de l’Association de sauvegarde et de protection du site de Kervéron-Menhir

Réponse de Jean-Marie Beroldy

Monsieur,
 Pour faire réponse à votre courrier du 10 février, je vous livrerai mon analyse de la situation à Crozon-Morgat, parlant au nom d ela liste que je mène pour ces élections municipales.
Concernant la question de l’environnement, je sais que votre action est allée dans le sens de la protection de ce trait de côte qui est situé entre le Menhir et Postolonnec, dans l’affaire qui vous opposa à la mairie de Crozon, lorsque celle-ci délivra deux permis de construire à Monsieur Masarin. Je sais également qu’un autre permis de construire a attiré l’attention de votre association, mais je ne connais pas les détails de l’affaire Lars-Cossec. En effet, cette décision a été rendue récemment par un tribunal de premier degré et n’est pas accessible  en ligne. Pourriez-vous m’éclairer sur ce point ?
Vous me demandez notre position en matière de respect de la loi Littoral.
Il est vrai que certains maires de communes littorales, excédés par le contentieux surabondant de leur commune, sont tentés de demander la révision de cette loi, votée en janvier 1986. Loi très vague, orientée en sens inverse des lois de décentralisation de 1983, elle permit de protéger le littoral breton. Mais, comme toute loi floue, elle demanda beaucoup de travail d’interprétation aux tribunaux administratifs, cve qui fut source d’insécurité juridique pour les plaignants comme pour les défendeurs. D’où la tentation de demander la révision de la loi. Ce ne serait pas ma revendication.
Certains autres maires ont décidé de “vitrifier” toutes les zones NAC, zones urbanisables à condition d’y amener les réseaux, sources de contentieux. Ce ne serait sûrement pas la mienne, car je pense qu’il est nécessaire que subsistent des zones d’urbanisation potentielle.
Dans le cas du passage du POS (plan d’occupation des sols) au PLU (Plan Local d’Urbanisation) le fil conducteur est donné par le SCOT du pays de Brest (schéma territorial) qui prescrit avec justesse des éléments indispensables (éviter le mitage – assainissement – préserver les zones agricoles). Par contre il autorise par le biais du PADD (plan d’aménagement et de développement durable) une liberté d’action aux élus pour l’adapter aux particularités et aux spécificités locales. Dans une remarque plus générale le passage des surfaces urbanisables de 200 ha du POS à 70 ha du PLU est à mon avis trop brutal et pénalisant pour une seule génération et devrait être plus étendu dans le temps.
Nous souhaitons garder une commune attractive pour permettre l’installation des jeunes et cette restriction brutale du foncier à bâtir va forcément entraîner une augmentation des prix d’achat des terrains.
La loi Littoral sera bien mieux acceptée si elle n’a pas que l’effet de déposséder les petits propriétaires de terrains. Il nous faut trouver un juste milieu entre la protection de l’environnement et la protection des intérêts de nos concitoyens. Le confort juridique du maire est à placer au dernier plan, à ce qu’il me semble.
Pour ce qui est de la création de réserves foncières, elles demandent un effort financier considérable de la part de scommunes. Comme notre but n’est pas de recourir à l’expropriation, nous aurons à décider si certaines parcelles à vendre pourront avoir un intérêt pour la collectivité et nous ne pouvons pas savoir encore qui voudra vendre et où. De la sorte, il est difficile de vous indiquer une localisation précise. Aujourd’hui la commune vient d’acquérir 6000m2 dans Crozon. Cette superficie est pour le moment suffisante pour notre engagement de programme.
En ce qui concerne la centrale photovoltaïque, nous approuvons cette initiative, mais (sous toutes réserves) la Marine n’y serait pas favorable, du fait de la réverbération intense qu’elle génère réverbération qui pourrait gêner l’atterrissage des hélicoptères et avions militaires. Comment combiner ces deux attitudes antagonistes, cela serait présomptueux de ma part de vous donner une solution tranchée, car il faut d’abord écouter les arguments des uns et des autres.
En ce qui concerne les déchets apportés par la mer, nous sommes conscients que leur collecte ne peut plus être le seul fait des associations et des particuliers, vu l’ampleur de la tâche. Nous souhaiterions renforcer l’équipe technique municipale, comme nous l’avons exprimé dans notre programme. Ce point ne vous a d’ailleurs pas échappé et je vous en remercie.
En matière d’agriculture et d’élevage, nous souhaiterions privilégier la qualité plutôt que la quantité, mais un maire n’a pas beaucoup de pouvoir en la matière et notre but n’est pas de nous opposer aux agriculteurs et éleveurs de notre commune. Nous sommes bien conscients que, dans les années 1970, les technocrates de la Politique Agricole Commune insistèrent pour faire disparaître le bocage breton, considéré comme un obstacle à l’augmentation de la productivité. Ainsi certaines communes comme Telgruc et Plomodiern furent-elles soumises à un remembrement intense, ce qui a laissé des souvenirs douloureux dans l’histoire locale. Il fallait à tout prix mécaniser et produire plus. Nos paysans freinèrent autant qu’ils purent mais furent traités de passéistes. Ils furent obligés de s’endetter et de se mécaniser pour satisfaire aux impératifs de la production de masse, sous peine de dépérir. Inutile de rappeler que l’élevage fut accablé des mêmes injonctions et que nombreuses furent les petites exploitations qui disparurent.
Les agriculteurs que nous avons rencontrés se sont montré engagés dans une culture et un élevage propre pour une vente des produits locaux en circuits courts. Nous le favoriserons autant qu’il nous sera possible, peut-être en insérant ces produits locaux dans les menus des cantines pour permettre un chiffre d’affaires apte à maintenir ce type de culture.
Espérant que vous prendrez le temps de nous recevoir pour éclaircir certains points, je vous prie de croire, Monsieur, en l’assurance de ma considération distinguée
Jean-Marie Beroldy, candidat aux élection municipales, remise le 18 mars 2014

Réponse de Dominique Tretout

Bonjour monsieur,
Dans le cadre des élections municipales, nous avons annoncé notre souhait, si nous sommes élus d’élaborer tous nos projets en concertation avec les habitants. Nous souhaitons mettre en œuvre une vraie démocratie participative en consultant et en réunissant régulièrement les citoyens et les associations sur tous les projets structurants de la commune. Nous avons souhaité répondre à tous les questionnaires émanant des associations locales, Crozonnaises ou Presqu’îliennes, mais pas aux demandes relevant d’association nationale, s’il n’y avait pas de porteur local.
En matière de PLU, nous souhaitons revoir le projet réalisé par l’équipe municipale en tenant compte des souhaits des habitants. S’il s’agit bien de respecter la loi littorale, nous souhaitons conserver les terrains constructibles dans le précédent POS pour éviter la surenchère foncière.
Pour le désenclavement, nous souhaitons développer le transport collectif intra presqu’île, améliorer les liaisons vers Brest par une augmentation des rotations par car et la réétude d’un projet Transrade. Nous voulons également mettre en œuvre une offre de covoiturage pour les presqu’îliens.
Nous souhaitons développer les produits du terroir issus de la pêche et de l’agriculture locale en favorisant les circuits courts  producteur consommateur.
Nous voulons par différentes actions améliorer la propreté du littoral et de ses accès.
Par la démocratie, nous souhaitons travailler avec les associations locales pour qu’elles soient de véritables forces de proposition, à partir du moment où nous œuvrons tous dans le sens des intérêts collectifs et non pas des intérêts particuliers.
Nous avons également un programme conséquent pour la jeunesse, le développement économique et la culture pour permettre de développer notre presqu’île.
Tout un programme qui mérite d’être expliqué comme nous l’avons fait tout au long des nombreuses réunions publiques.
Cordialement

Un appel de la LPO – Nord

Bougeons pour nos renards !

Suite à l’annonce de “Ch’tis fox days” organisées du 17 au 23 février prochains par la Fédération des Chasseurs 59 et l’association des Piégeurs du Nord, la LPO France, la LPO Nord, l’ASPAS et le RAC, rejointes par l’ensemble des associations de protection de la nature et de la cause animale, appellent à la mobilisation !
Renard roux (Vulpes vulpes) - crédit photo : Fabrice CahezRenard roux (Vulpes vulpes) – crédit photo : Fabrice CahezPendant une semaine (du 17 au 23 février), sans aucune justification sanitaire et à l’encontre des réalités scientifiques et écologiques, des chasseurs vont massacrer massivement tous les renards qu’ils pourront, ce qui est contraire à l’idée de “régulation” qu’ils affichent. L’image conviviale et la réputation du département du Nord et de la région du Nord-Pas-de-Calais en sera entachée, les écosystèmes en seront perturbés…
En outre, nous rappelons que le renard est utile à la collectivité, en particulier au monde agricole par son rôle de régulateur naturel des populations de rongeurs qui s’attaquent aux cultures. L’argument sanitaire utilisé par les chasseurs (le renard véhicule maladies et parasites) est une imposture que les scientifiques ont aussi démontré.
Demandons, chacune et chacun, au Préfet de bien vouloir faire valoir sa haute autorité auprès de la Fédération des chasseurs du Nord et des Piégeurs du Nord pour que soient annulées ces journées de tueries provocatrices, violentes, cruelles, dangereuses et contre-productives pour la collectivité et la Biodiversité.
Vous pouvez adresser directement un e-mail à la préfecture mais vous pouvez aussi, à défaut, adresser un mail à la préfecture via leur formulaire de contact (attention dans la rubrique thème, choisir “autre”)
ou  écrire à :
Mr le Préfet du Nord
Préfecture
12 rue Jean sans Peur
59039 Lille cedex
Les réactions sont déjà très vives sur Internet, on peut s’attendre à un très fort mécontentement de la population, notamment des agriculteurs. Sauvegardons nos ch’tis renards !

Contacts presse :

Carine BREMOND / Attachée de presse LPO
carine.bremond@lpo.fr
06 34 12 50 69
Yann GODEAU, Président de la LPO Nord
06 69 19 69 51
Télécharger la lettre envoyée au Préfet du Nord, cosignée par la LPO Nord, l’ASPAS et le RAC.

Liens: Voir le site de la LPO – Nord et l’article du mangazine Goodplanet Info.

Communiqué de presse de l’Union des Associations pour la Défense du Littoral

Union des Associations pour la Défense du Littoral

12 allée de Créac’h Ibil
29000 – Quimper
http://www.defensedulittoral.com

Communiqué :                                                                                                                                           
Les dégâts considérables causés sur nos côtes le week-end dernier par la houle, conjuguée aux forts coefficients de marée, ne doivent pas être vus comme un épiphénomène sans lendemain.
Il va falloir remettre en état les bâtiments et les installations, et la facture risque d’être lourde.
Mais il faut analyser la situation également.
Le niveau des mers s’est élevé en moyenne de 20 cm au cours du 20ème siècle. La connaissance actuelle des effets du changement climatique amène à prévoir 30 à 50 cm d’augmentation du niveau de la mer lié à la dilatation thermique auquel s’ajouteraient 50 cm du fait de la fonte des glaciers. Les submersions marines sont dues aux effets combinés de l’augmentation du niveau de la mer et des tempêtes qui provoquent des surcotes. Comme les stocks de sédiments sont limités, la tendance est à l’érosion de la côte. Les îles sont particulièrement menacées par l’érosion. Sur les falaises de bord de mer, avec l’augmentation des précipitations, on peut craindre un plus fort ruissellement qui accentue les failles. La conséquence en serait l’effondrement des falaises, la disparition des sentiers côtiers et le recul des terrains littoraux.
Face au constat de la vulnérabilité de nos côtes, ne devons nous pas envisager le repli des activités vers des zones moins vulnérables au changement climatique. Certaines routes de bord de mer sont en sursis et des propriétés sont fortement mena­cées. Plutôt que de s’engager dans une lutte sans fin contre les impacts du changement climatique en utilisant des moyens techniques et technologiques lourds, n’est-il pas préférable de prendre en compte ces impacts dans l’aménagement du territoire et de s’y adapter ? Un recul des constructions et des activités doit être étudié par anticipation pour sécuriser les biens et les personnes.
Les fonds publics ne sont pas illimités, on le sait.
Enfin, la notion de risque n’est pas prise en compte dans la Loi Littoral, ne faut-il pas l’y introduire plutôt que de l’assouplir ? Le trait de côte, et avec lui la fameuse bande des 100 mètres inconstructible doivent être revus.
Pour l’UADL, le Président,
Jean-Pierre Bigorgne
06 89 10 16 75

Lettre à Richard Ferrand, député du Finistère, sur la préservation de l’environnement et la protection animale

 

Monsieur le député,
De concert avec plusieurs associations locales et nationales, j’effectue une démarche visant à connaître la position des élus sur des questions qui touchent au respect de l’environnement et à la protection animale dans notre département.
En matière d’environnement, nous aimerions savoir quels sont les grands axes de la politique que vous souhaitez mener au niveau local, notamment en ce qui concerne le respect de la Loi Littoral, les transports collectifs, la protection de la faune et de la flore, l’aide à l’agriculture biologique de proximité. Dans le cadre du projet de loi d’Avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt présenté par M. Stéphane Le Foll, les représentants d’EELV ont exprimé la volonté d’en renforcer les ambitions sociales et écologiques (manque d’objectifs chiffrés et d’outils opérationnels)(1). Comment traduiriez-vous concrètement ces exigences au niveau départemental ?
D’une manière générale, comment vous situez-vous au regard de « L’appel pour un pacte d’avenir écologique et solidaire pour la Bretagne et les Bretons», lancé par un collectif d’associations, dont Bretagne Vivante, et qui nous semble constituer la meilleure voie à suivre pour le département et la région ?[2]En effet, il nous paraît urgent de remettre en question le modèle agricole exclusivement productiviste sur lequel nous vivons encore dans une très large mesure, nécessité à laquelle le projet de loi cité plus haut ne répond que très partiellement.
En ce qui concerne l’assainissement des eaux,  même lorsque les élevages respectent les normes en vigueur, le problème de l’évacuation des eaux polluées demeure un problème très préoccupant. Nous pensons notamment aux élevages industriels dont les déchets se déversent directement en mer. Avec l’Association Eau et rivières de Bretagne, nous regrettons en outre que  l’objectif de réduction du taux d’azote retenu dans le cadre du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux de l’Aulne ne soit que de 13%, alors qu’il avait été fixé à 30% pour l’Elorn[3]. De même, nous estimons qu’il est impossible d’en rester au statu quo à propos du dossier de l’Aulne canalisé et que, bien au contraire, il est nécessaire d’expérimenter l’ouverture d’écluses pour la gestion des poissons migrateurs. Enfin, à propos des inondations, nous attirons l’attention avec l’association Eau et rivières de Bretagne sur les fausses bonnes solutions que peuvent constituer les ralentisseurs de crues[4].
Enfin, dernier point, depuis les dernières grandes tempêtes de cet hiver, nos plages, pourtant immenses, sont transformées en décharges publiques et littéralement recouvertes de matières plastiques, polystyrène, articles de la grande distribution made in China, filets de pêche, bois, etc. Les associations et les particuliers sont débordés et ne peuvent prendre en charge seuls un tel tonnage de déchets.
En matière de respect de l’animal[5], tout en étant conscient de l’importance du secteur de l’élevage industriel en Bretagne, nous pensons qu’il est souhaitable de privilégier au maximum la qualité sur la quantité en soutenant l’agriculture responsable et locale. Le cahier des charges des cantines pourrait ainsi comporter au moins 20% de produits issus de l’agriculture de proximité biologique, d’œufs pondus par des volailles élevées en plein air et de porcs élevés en plein air ou, du moins, sur paille.
Actuellement, 90 % des porcs sont issus de l’élevage industriel contre 3% seulement pour l’élevage en plein air et de 5 à 7% pour l’élevage sur paille[6]. Nous sommes d’autant plus inquiets quant aux conditions d’élevage que le seuil pour la procédure d’autorisation et d’encadrement technique renforcés (dite « IED ») a été récemment relevé à 2000 emplacements de porcs charcutiers et à plus de 750 emplacements de truies conformément à une directive européenne. Nous estimons d’ailleurs qu’il est vain de se lancer dans une surenchère quantitative visant à soutenir la concurrence des usines à viande asiatiques ou brésiliennes.
Les élus peuvent agir pour améliorer les conditions d’élevage concentrationnaire par le biais du soutien à l’élevage alternatif sur paille dont les avantages sont connus comme l’indiquent les campagnes menées par la Protection mondiale des animaux de ferme (P.M.A.F. – Voir détails en pièce jointe). Encore une fois, plutôt que de prendre constamment en exemple la voie productiviste suivie par l’Allemagne et fondée en grande partie sur des produits médiocres et un manque de considérations sociales pour la main d’œuvre employée, les élevages bretons pourraient miser davantage sur la qualité en optant de manière croissante pour l’obtention de labels bio ou rouge fermier.
Des membres de la P.M.A.F. – parmi lesquels des ingénieurs agronomes – seraient éventuellement disposés à effectuer des visites d’élevages responsables du Finistère si vous en exprimiez le désir (sous réserve des disponibilités de chacun).
Enfin, je voulais attirer votre attention sur un appel lancé par l’Alliance Anticorrida au niveau national dans le cadre de la proposition de loi visant à interdire la corrida sur l’ensemble du territoire. Cette question ne concerne pas directement la vie de notre département, mais nous avons pensé que vous y seriez sensible et que vous accepteriez de nous communiquer votre position. Déjà quatre-vingts de vos collègues se sont engagés à soutenir cette proposition de loi. Votre engagement en faveur de l’abolition serait un message fort envoyé à toutes les personnes soucieuses du respect de l’animal non seulement dans notre département, mais aussi dans l’ensemble du pays.
En espérant obtenir votre réponse sur ces différentes questions,
Veuillez croire, Monsieur le député, en ma considération distinguée :
PJ : L’élevage sur paille par la P.M.A.F.
Laurent Dingli, président de l’association de sauvegarde et de protection du site de Kervéron-Menhir, à Richard Ferrand, député de la 6ème circonscription du Finistère, sur la préservation de l’environnement et la protection animale


[1]. Voir communiqué de Sandrine ROUSSEAU, Julien BAYOU, Porte-parole de EELV sur le site d’EELV.fr
[2]. Voir http://pacteecosolidairebretagne.wordpress.com/
[3]. Taux tout d’abord fixé à 15%, voir Etablissementpublic d’aménagement et de gestion du bassin versant de l’Aulne,  SAGE de l’Aulne, bassin 2013, p. 90 : . Les autres chiffres et données sont communiqués par Arnaud Clugery d’Eau et rivières de Bretagne.
[5]. Respect de l’environnement et de l’animal sont évidemment indissociables et ne sont ici séparés que pour la clarté du document.
[6]. Chiffres et données communiqués par Cécile Vuillermet, chargée d’études bien-être animal à la Protection mondiale des animaux de ferme (P.M.A.F.).

Lettre à Isabelle Nanty sur la promotion des spectacles de cirque avec animaux

Madame,
Historien et romancier, très investi dans la protection animale, je voulais vous faire part du profond sentiment de tristesse et de désarroi que j’ai éprouvé en découvrant la bande-annonce du 52èmeGala de l’Union des Artistes dont vous avez organisé la mise en scène. Ce spectacle prévoit en effet des numéros de dompteurs de tigres, animaux que l’on voit d’ailleurs enfermés dans leur cage lors de la présentation. Il ne faut pas être éthologue ni spécialiste de la condition animale pour comprendre quelle vie de souffrance physique et mentale endure un animal sauvage de 250 Kg, enfermé à vie dans une cage ou en enclos étroit et contraint à faire des exercices nuisibles à sa santé. Il ne faut pas non plus être grand clerc pour comprendre que la docilité d’un fauve n’est jamais obtenue uniquement par de simples menaces et gratifications comme les dompteurs tentent de le faire croire depuis longtemps. Un jour peut-être nous mesurerons pleinement la cruauté et  le ridicule qu’il y a à condamner un animal à l’enfermement et à des activités contre nature pour notre seul plaisir égoïste.
D’ores et déjà, plusieurs pays, comme le Pérou, l’Autriche, le Danemark, la Belgique, la Suède et la Suisse, ont restreint ou banni la présence d’animaux sauvages dans les cirques, tandis que d’autres nations, telles que la Bolivie, la Grèce, ont purement et simplement interdit les cirques avec animaux. L’Angleterre et la Catalogne s’apprêtent à rejoindre la voie du respect en 2015. Loin d’être le fruit d’un militantisme fanatique, une évolution similaire de la législation est actuellement à l’étude aux USA, au Brésil, en Colombie, au Chili et en Equateur…
Croyez bien, Madame, que cet appel ne procède nullement d’une quelconque volonté de tout régenter et de tout interdire, ni même de se poser en donneur de leçons morales, mais seulement d’atténuer les souffrances que nous infligeons aux animaux et dont de tels spectacles ne sont malheureusement qu’un exemple parmi bien d’autres. Ce n’est pas davantage une charge contre le cirque, celui du Soleil notamment, prouvant que l’on peut allier l’excellence et le respect ou, pour le formuler autrement, que l’on peut divertir sans faire souffrir. En vérité, tout est une question de choix et d’engagement. Je sais par ailleurs que votre intervention a été motivée par un élan de solidarité à l’égard des artistes.
J’espère, Madame, que vous aurez l’envie de me répondre et que, sans nous lancer de quelconques anathèmes mutuels, nous pourrons ensemble tenter de faire évoluer la situation.
Veuillez agréer, Madame Lanty, mes salutations les plus distinguées.
PS : Des lettres similaires sont envoyées à MM. Benoît Poelvoorde, Elie Semoun* et Nathalie Baye qui ont participé à ce spectacle.
*Apparemment, la lettre destinée à Elie Semoun ne lui est pas parvenue.
Laurent Dingli à Isabelle Nanty, Artmedia, 20 avenue Rapp 75007 Paris, Crozon, le 2 janvier 2013
Aucune réponse à ce jour (10 février 2014)

Lettre à Franz-Olivier Giesbert sur la promotion de la fourrure

Monsieur,

Historien et romancier, je suis particulièrement sensible au respect de l’animal et à tout ce qui peut contribuer à diminuer les multiples sévices dont il est victime.
Je crois connaître votre préoccupation à ce sujet et m’en réjouis depuis longtemps. J’ai été très intéressé, entre autres, par l’excellent dossier que vous avez consacré au regard que nous portons sur l’animal. Par ailleurs, j’ai très modestement aidé une de vos journalistes à faire un papier sur les violences commises contre les lévriers en Espagne.
C’est pourquoi je suis étonné de voir dans votre magazine autant de publicités vantant la fourrure. Vous savez comme moi quel calvaire vivent ces animaux avant d’être tués pour satisfaire les exigences d’une mode cruelle, lucrative et inutile. Je sais bien que les difficultés financières de la presse écrite sont nombreuses et angoissantes et qu’il doit être compliqué de se passer d’un annonceur, mais en faisant ce sacrifice, ne gagneriez-vous pas en cohérence ? Lorsque vous publiez autant de publicités sur la fourrure, vous contribuez à rendre ce produit attractif auprès d’un certain public et vous participez à pérenniser un système dans lequel les besoins élémentaires et la sensibilité de plusieurs millions d’être vivants sont bafoués.
J’ose espérer que vous renoncerez à faire la promotion d’une exploitation dont vous déplorez par ailleurs les conséquences.
Voilà la question que je souhaitais vous soumettre en espérant que vous aurez l’occasion et l’envie de me répondre.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués
Laurent Dingli à M. Franz-Olivier Giesbert – Le Point – 74, avenue du Maine 75014 Paris, 17 décembre 2013