“Petit poison de compagnie”, Le Canard enchaîné, mercredi 29 juin 2016

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Une anémone pourpre (Heteractis magnifica) avec des Poissons-clown à trois bandes (Amphiprion ocellaris), photographiés au large du Timor Oriental © Nick Hobgood

Lorsque Nemo, le poisson orange et blanc, s’est mis à frétiller sur les écrans en 2003, des milliers de gamins ont voulu rejouer le film d’animation dans un aquarium. Et sans rien connaître. Ni à “Amphiprion percula”, ni même aux bases de l’aquariophilie. “Clowns” d’eau de mer balancés dans l’eau douce d’un bocal sans oxygène, privés de leur anémone protectrice ou offerts en pâture à un poisson solitaire… l’enthousiasme des enfants avait eu des conséquences fâcheuses pour les vrais Nemo.

Et voilà qu’avec “Le Monde de Dory” le cauchemar continue. Copine de Nemo, Dory est un “Paracanthurus hepatus”, un poisson chirurgien d’un bleu profond. Dont on ne maîtrise ni l’élevage, ni la captivité, ni la reproduction. Et, comme on pouvait s’y attendre, la sortie du film a coïncidé avec l’arrivée en masse de “Dory” dans les animaleries (“Le Figaro”, 22/6).

Seulement voilà : selon l’institut de recherche Haereticus Environmental Laboratory, situé en Virginie, plus de 50% des poissons d’eau de mer pour aquariums testés ont été pêchés illégalement à l’aide de cyanure. Le récif corallien est empoisonné, le poisson capturé groggy et maintenu à jeun jusqu’à sa vente. Aux premières paillettes de nourriture données par l’acheteur, “la fonction hépatique se remet en marche, le cyanure fait son effet et le poisson meurt“.

Un vrai petit film d’horreur

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